mardi 11 juin 2013

Lost & Found

Icône de la belle vie à l'américaine, symbole du succès, Los Angeles a une réputation créée par le cinéma et la télévision. On la voit propre, luxueuse, avec des allées bordées de palmiers et des villas partout. Sauf qu'on oublie un petit détail : ce qui apparaît au cinéma et à la télévision, c'est Beverly Hills.
La ville n'est pas très appréciée des globe-trotters. Je sais désormais pourquoi.

Si vous rêvez d'aller à LA, et que vous ne voulez pas voir vos petits rêves s'écrouler, ne lisez pas ce qui suit.

Si vous arrivez par avion, le quartier de l'aéroport et sa route correspondent à l'image qui vous fait dire "je veux vivre ici !". Mais arrivez par la route, et ayez le malheur de ne pas avoir de voiture, et vous verrez.

Hier, notre hôtel, par un coup de chance (non, vraiment, c'était une loterie) était le Hyatt Regency. Situé en plein cœur de la ville, au milieu des buildings, il était parfait, à un seul détail près : aucun magasin ou restaurant à proximité, uniquement des bureaux. Mais pas de problème : il y a le room service.

Aujourd'hui, notre hôtel est à Koreatown. Au centre, ce qui veut dire que ce n'est pas trop mal et surtout, pas glauque, mais si on marche 5 minutes, on se retrouve au milieu des graffitis et de maisons qui tombent en ruines.

Exception ? Oh que non. Une partie non négligeable de la ville s'apparente plus au Bronx qu'au rêve américain... c'est sale, en partie détruit, mal indiqué, moche... et effrayant.

Laissez-moi donc vous raconter notre passionnante journée...

On me l'avait dit : les transports publics à LA, c'est une grosse merde. C'est vrai. Iris voulait aller à Venice Beach, plage très connue mais loin d'être agréable - probablement à cause des conditions de notre journée.

On a pris le métro. Ligne violette. Tout va bien. On a ensuite pris un second métro. Ligne bleue. Le décor change. Le véhicule n'est pas souterrain, on voit donc parfaitement où on va, et on devient de plus en plus silencieuses. Des gens bizarres montent. Agissent d'une façon inquiétante. Il n'y a que des hispaniques, personne ne parle anglais, les annonces sont en espagnol... tout est en espagnol. Petite pause à une station, on attend un troisième métro. Un mec reconnaît mon t-shirt de BSG : petite discussion sympa. Il nous donne une carte du métro à la station suivante.

Problème : on croyait devoir prendre le métro jusque là-bas, mais en fait, il n'y en a pas. Retenez que déjà 1h30 s'est écoulée depuis le premier métro. On doit en fait prendre un bus... mais il n'y en a pas non plus. Une dame finit par nous indiquer que le meilleur moyen, c'est d'aller jusqu'à l'aéroport, car de là, on pourra trouver tous les bus qu'on veut. A ce moment-là, j'avais déjà envie de retourner à l'hôtel et de ne plus en sortir.

Aéroport, on monte dans le bus numéro 5, qui nous emmène jusqu'à l'arrêt "Venice". Soi-disant tout près de notre destination. Mensonge. 30 minutes de marche ? 45 ? Je ne sais plus. On finit par trouver la plage. Belle plage, oui. Grande, peu peuplée car on est lundi aux heures de bureau. Mais pourquoi a-t-elle un tel succès ? Pourquoi est-elle considérée comme un incontournable ? Les gens ne tarissent pas d'éloges sur la rue qui la borde et ses boutiques. Les boutiques en question sont toutes les mêmes (lunettes de soleil, t-shirt, lunettes de soleil, t-shirt, oh - une "consultation pour dose de marijuana", lunettes de soleil, pareo... etc.). Tous les bâtiments sont délabrés, les enseignes sales et en majorité effacées, les murs tagués. L'odeur de marijuana est partout. On a marché deux heures. J'ai fini par ne plus parler du tout.

Finalement, il a fallu trouver un arrêt de bus. Remonter la rue qu'on avait déjà empruntée pour venir. Trouver un bus. Numéro 33 ou 733, ils vont à la même place. Une fois dedans, les problèmes recommencent : sur les plans, il n'y a pas les noms des arrêts. On n'a pas de carte de la ville, impossible de savoir où on est. La moitié du temps, les arrêts ne sont même pas indiqués. 2 heures plus tard, on descend quand on voit des enseignes en coréen : au moins, on est dans la bonne zone de la ville. On trouve quelqu'un qui peut nous indiquer quel bus prendre cette fois-ci, et on demande au chauffeur où on doit descendre. Par chance, l'arrêt est indiqué. On marche, on marche, et.... enfin. On le voit. Le starbucks où on a pris notre café ce matin, le Subway où on va prendre notre sandwich pour ce soir, et la pharmacie où je suis allée acheter une crème pour mes yeux qui ont gonflé. On a retrouvé l'hôtel. Il est passé 19 heures. On a faim (surtout moi, je n'ai rien mangé de la journée), on est fatiguées, on a peur et on ne veut plus sortir.

Des heures de marche, de changements, de concentration intense car paumées, d'inquiétude, tout en serrant nos sacs à main car chaque endroit qu'on traverse pue les dangers en tous genres...

Je n'aime pas Los Angeles. Mais pour mettre un peu de soleil dans ce post déprimant, je vous offre les photos que j'ai prises aujourd'hui.


 
(oh, ai-je mentionné l'état des toilettes de Venice Beach ? Non ? Je vous laisse imaginer....)

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