lundi 27 juin 2011

Les gens sont bizarres !

Taipei. Un matin, après 24 heures de typhon violent, j'ai regardé dans mon sachet de réserve de nourriture posé sous mon bureau pour voir si j'aurais assez à manger pour ne pas devoir sortir et braver la chaleur humide d'un lendemain d'ouragan+tremblement de terre de magnitude 5.8. Evidemment, je n'avais plus aucune réserve, alors que faire ? J'ai pris mon courage à deux mains et je suis sortie, en poussant la porte en métal très vite pour que les moustiques n'entrent pas dans l'auberge.

Bravant la circulation chaotique, j'ai finalement posé les pieds à l'intérieur du Seven Eleven du coin. Pour mieux voir qu'ils avaient été dévalisés et attendaient les livraisons. A Taipei, je ne mangeais pas beaucoup, puisque presque tout me rendait malade, mais là, ils n'avaient même plus mes nouilles au bœuf, le seul plat chaud (hors ce que je trouvais au marché nocturne) que j'arrivais à avaler ! Avec un gros soupir, j'ai donc décidé d'aller me chercher des frites au McDo et de passer acheter du thé et des fruits à l'épicerie juste en dessous. Ah, et quelques donuts pour avoir du sucre.

J'ai longé le petit trottoir étroit jusqu'au souterrain qui permettait de traverser la rue principale sans risquer ma vie, mais j'ai été arrêtée en chemin par un vieux. Un très, très vieux monsieur assis sur une marche entre le Seven Eleven et un café. Derrière lui, un amas de chaussures sur de multiples étagères.

Ce petit vieux ne parlait que chinois et moi, malgré trois semaines sur place, je ne savais dire que merci et bonjour. Mais ça ne l'a pas empêché de me retenir par les pans de ma jupe, en me faisant un grand sourire édenté, me proposant de cirer mes chaussures... Heh ? J'étais en sandalettes. Qu'est-ce qu'il voulait cirer ? Il m'a même donné sa carte de visite au cas où j'aurais une paire à faire cirer chez lui.

Tous les jours après ce petit épisode, il me faisait le même sourire vaguement glauque. Je me sentais moins en sécurité à Taiwan qu'au Japon, même si les deux pays sont tout aussi sûrs l'un que l'autre (à part sur les routes), sûrement parce que justement, je ne comprenais rien de ce qu'on me disait. Enfin bref, quand on est dans un état d'esprit moins rassuré que d'habitude, ce genre de choses peut vite devenir pénible. J'avais sûrement tort, ce petit vieux était certainement très gentil.

Mais depuis ce jour-là, j'ai toujours utilisé le trottoir d'en face.

Qu'est-ce qui m'a fait revenir de son côté, alors ? Une ventilation sauvage. Là-bas, je portais toujours des jupes, et à cause de la bouche de métro toute proche, il y avait des coups de vent violents de temps en temps. Le petit vieux a un jour eu une vue parfaite sur ma culotte, tout comme la totalité des gens qui se trouvaient dans cette rue à ce moment-là.

Comment se sentir encore moins à l'aise ?

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