lundi 27 juin 2011

Les gens sont bizarres !

Taipei. Un matin, après 24 heures de typhon violent, j'ai regardé dans mon sachet de réserve de nourriture posé sous mon bureau pour voir si j'aurais assez à manger pour ne pas devoir sortir et braver la chaleur humide d'un lendemain d'ouragan+tremblement de terre de magnitude 5.8. Evidemment, je n'avais plus aucune réserve, alors que faire ? J'ai pris mon courage à deux mains et je suis sortie, en poussant la porte en métal très vite pour que les moustiques n'entrent pas dans l'auberge.

Bravant la circulation chaotique, j'ai finalement posé les pieds à l'intérieur du Seven Eleven du coin. Pour mieux voir qu'ils avaient été dévalisés et attendaient les livraisons. A Taipei, je ne mangeais pas beaucoup, puisque presque tout me rendait malade, mais là, ils n'avaient même plus mes nouilles au bœuf, le seul plat chaud (hors ce que je trouvais au marché nocturne) que j'arrivais à avaler ! Avec un gros soupir, j'ai donc décidé d'aller me chercher des frites au McDo et de passer acheter du thé et des fruits à l'épicerie juste en dessous. Ah, et quelques donuts pour avoir du sucre.

J'ai longé le petit trottoir étroit jusqu'au souterrain qui permettait de traverser la rue principale sans risquer ma vie, mais j'ai été arrêtée en chemin par un vieux. Un très, très vieux monsieur assis sur une marche entre le Seven Eleven et un café. Derrière lui, un amas de chaussures sur de multiples étagères.

Ce petit vieux ne parlait que chinois et moi, malgré trois semaines sur place, je ne savais dire que merci et bonjour. Mais ça ne l'a pas empêché de me retenir par les pans de ma jupe, en me faisant un grand sourire édenté, me proposant de cirer mes chaussures... Heh ? J'étais en sandalettes. Qu'est-ce qu'il voulait cirer ? Il m'a même donné sa carte de visite au cas où j'aurais une paire à faire cirer chez lui.

Tous les jours après ce petit épisode, il me faisait le même sourire vaguement glauque. Je me sentais moins en sécurité à Taiwan qu'au Japon, même si les deux pays sont tout aussi sûrs l'un que l'autre (à part sur les routes), sûrement parce que justement, je ne comprenais rien de ce qu'on me disait. Enfin bref, quand on est dans un état d'esprit moins rassuré que d'habitude, ce genre de choses peut vite devenir pénible. J'avais sûrement tort, ce petit vieux était certainement très gentil.

Mais depuis ce jour-là, j'ai toujours utilisé le trottoir d'en face.

Qu'est-ce qui m'a fait revenir de son côté, alors ? Une ventilation sauvage. Là-bas, je portais toujours des jupes, et à cause de la bouche de métro toute proche, il y avait des coups de vent violents de temps en temps. Le petit vieux a un jour eu une vue parfaite sur ma culotte, tout comme la totalité des gens qui se trouvaient dans cette rue à ce moment-là.

Comment se sentir encore moins à l'aise ?

vendredi 24 juin 2011

Les endroits qui n'étaient pas comme je le pensais...

Voyager, c'est pas que joie et bonne humeur dans des lieux sublimes ou intéressants 24h sur 24. C'est aussi les doutes, les moments de profond ennui et les déceptions.

Durant mes voyages, j'ai eu deux types de déception. Le premier : l'endroit n'est pas ce que j'avais cru qu'il serait, mais la situation est tellement drôle qu'on l'adore tout de même. Néanmoins, on ne prévoit pas d'y retourner. Le second : la véritable déception, celle qui nous fait dire qu'on ne reviendra jamais à peine 5 minutes après l'arrivée.

Et puis bien sûr, comme tout le monde, on change d'avis sur certains points... voilà ma liste :

Catégorie 1 : pas comme je pensais, mais je me suis bien marrée, j'ai aimé. Pas nécessaire d'y revenir.

- Hirosaki. La malédiction a fait que cette ville s'est offerte à nos yeux comme un désert sinistre au ciel gris sans le moindre magasin ouvert, avec l'étrange pouvoir de changer les points cardinaux au fur et à mesure qu'on visitait. Première ville à offrir tant de franponais et de magasins Panasonic depuis le début de mon voyage en 2010, son château avait une maîtrise certaine à cache-cache et ses corbeaux se sont sûrement bien fichu des deux gaijin totalement paumées dans les ruelles. J'imaginais Hirosaki comme un haut lieu historique et j'avais raison, le nombre de temples et de constructions anciennes est impressionnant. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit une ville fantôme ! Hirosaki a gagné le nom de Silent Hill Numéro 4 à la place de Hachinohe.
 
je verrais bien Sadako courir sous ces torii avec une musique sinistre

- Kumamoto. Je ne sais pas ce que j'espérais de cette ville, qu'Ally et moi avons utilisée comme portail vers le Mont Aso. J'espérais sûrement visiter son château, ses jardins... je la voyais comme une énième belle ville japonaise. Et puis, en y arrivant, il s'est avéré qu'elle n'avait rien d'accueillant, et rien à offrir. Un typhon énorme s'était abattu sur toute la région, provoquant des glissements de terrain et des inondations (mêmes les médias européens et américains en ont parlé, en se concentrant sur les dégâts en Chine). La pluie était si forte qu'il nous était impossible d'aller voir la seule chose digne d'intérêt : le château (je dois être maudite avec les châteaux...). Et à cause de la pluie, notre visite au Mont Aso a été compromise. On y est allées, bien sûr, mais on ne voyait rien à un mètre devant soi. Les deux nuits passées là ont été un gros gâchis dans notre itinéraire mais nous ont permis de découvrir les mille et unes joies du Mister Donuts de la gare.

- Hachinohe. Ville-portail, à nouveau, utilisée pour se rendre à Osorezan car dormir sur place était trop cher. Il y a eu un malentendu, en effet, la gare où arrivait le shinkansen n'était pas en ville. Seulement, on n'en avait aucune idée ! On s'est retrouvées dans une banlieue qui a presque reçu le nom de Silent Hill Numéro 4, mais j'ai décidé de ne pas la baptiser ainsi parce qu'on s'est ramassé un typhon sur la figure et je trouvais donc normal que tout soit sinistrement désert. Je n'ai même pas de photo de cet endroit merveilleux !
- Takachiho a été nommé Silent Hill Numéro 3 après trois jours passés dans ce village. Je ne pensais pas que ce serait une ville extrêmement intéressante, en vérité j'avais prévu d'y rester 2 jours et de garder le troisième pour aller au Mont Aso après l'échec depuis Kumamoto. Le premier jour comprenait le voyage pour s'y rendre, un petit tour au onsen et un spectacle traditionnel représentant l'histoire d'Amaterasu et de la création du Japon. Amaterasu est la déesse solaire qui, selon la légende, se serait cachée à Takachiho après un désaccord avec son frère. Ce village est un haut lieu mythologique. Le premier jour s'est déroulé comme prévu. Le second, j'avais décidé de descendre dans les gorges, un endroit magnifique, et d'y faire un tour en bateau. Malheureusement, à cause de la pluie et du gonflement de la rivière, il n'y avait pas de bateau disponible. C'est le troisième jour que ça s'est gâté, alors que la Malédiction nous empêchait d'aller au Mont Aso une seconde fois en quelques jours ! Que faire dans un petit village désert où il n'y a aucun restaurant, quand on a vu tout ce qu'on devait voir ? Le silence, le vide, les magasins fermés... à nouveau, une bonne raison d'appeler ce lieu Silent Hill.
 
mais à part ça, Takachiho c'est vraiment beau...

- Matsue. Sans surprise, le titre de Silent Hill Numéro 5 lui revient haut la main ! Et ce pour les mêmes raisons que les autres. Son château nous a par contre valu quelques-uns des plus gros fous rires de nos vies à cause des casques exposés dans les vitrines.
 
Nan mais sérieux quoi... je suis l'armée d'en face, je ris tellement que je suis massacrée en quelques secondes ! C'est un moyen de déstabilisation puissant, ces machins

- Hirara. Silent Hill Numéro 2, c'est elle ! La "grande" ville sur l'île de Miyakojima, tout au sud du Japon, tellement au sud que le paysage n'a plus grand chose à voir avec le Japon comme on l'imagine. Les maisons sont toutes abîmées par le vent du large et le sable, le centre-ville était désert lorsque j'y suis allée. J'ai croisé quelques personnes âgées, trois ou quatre, et c'est tout.

Silent Hill Numéro 1 est Maebashi, à Gunma, mais comme je n'avais aucune attente particulière à son sujet vu que c'était juste le lieu d'un concert, il n'est pas dans cette catégorie.

Catégorie 2 : j'ai détesté
- Takayama. Dommage. Ce que cette ville offre est magnifique, c'est vraiment le Japon traditionnel comme on l'imagine... jusqu'à ce qu'on rencontre les énergumènes qui la peuplent. Il faut vraiment aller là pendant un jour de semaine au milieu du mois de janvier, par exemple, quand les gens ne sont pas en vacances ! Puisque cet endroit est si riche en lieux à visiter, tous les touristes étrangers s'y donnent rendez-vous. ça m'a appris à me méfier des villes qui ont une note maximale dans les guides de voyage. La ville elle-même est exceptionnelle, c'est les touristes qui ont gâché l'expérience. J'avais l'impression d'être dans un Disneyland pour touristes, et c'était très désagréable. Je dois surtout dire que les Japonais qui y vivent ont adopté les attitudes de certains étrangers qui visitent leur ville et sont franchement désagréable, peut-être pour se protéger...

- Kyoto. C'est la ville que je n'aime pas, je la trouve moche et sans caractère, c'est pas les gens ou ce qu'on peut y faire qui me dérange : j'ai absolument adoré le Fushimi Inari et le palais impérial, ainsi que les temples que j'avais visités en 2007. Mais, comme pour Takayama, je n'aime pas avoir l'impression d'être de retour à la maison en entendant tout le monde autour de moi parler français ou anglais. En 2010, il y avait nettement moins de touristes qu'en 2007, peut-être à cause de la chaleur monstrueuse, mais aussi parce que c'était en septembre. J'ai donc aimé cet endroit un peu plus, mais sans prévoir d'y retourner.

Catégorie 3 : j'ai détesté, puis j'ai changé d'avis
- Osaka. La ville où j'ai vécu l'enfer en 2007, alors que je n'avais plus d'argent et me disputait constamment avec celle qui m'accompagnait. Evidemment, je n'en ai pas eu un bon souvenir ! Et puis en 2010, j'y suis allée avec Ally pendant 3 jours. La différence a été de taille... tellement que j'y ai ensuite vécu pendant un mois en novembre.

Catégorie 4 : j'ai aimé, puis j'ai changé d'avis
- Asakusa. J'ai aimé au point d'y aller chaque fois que je mettais les pieds à Tokyo. Et puis en 2009, j'ai subitement découvert que décidément, les lieux touristiques font trop Disneyland pour moi, et je n'aime plus cet endroit.

Catégorie 5 : mieux que ce que je pensais
- Kagoshima, au départ, était juste une porte pour accéder à Yakushima. Et puis finalement, on y a passé trois jours entiers. Nos souvenirs de cet endroit sont, pour Ally et moi, les plus vifs de tout le voyage et c'est vraiment là qu'on s'est le plus amusées. Des multiples éruptions de Sakurajima au loop bus qu'on prenait 5 fois par jour et dont on connaissait l'itinéraire par cœur ("We are now arriving at the Memorial of the Faithful Retainers of Satsuma"), des bains de pieds sur le volcan aux repas merveilleux du resto du port, des drageurs sur la plage à nos projets de se faire momifier et cacher dans le décor vaguement "Indiana Jones-esque" du sentier qui descendait de l'observatoire jusqu'au mémorial de Satsuma, tout cela sous un grand soleil et une chaleur nettement plus supportable qu'ailleurs, Kagoshima est sans conteste le lieu que je préfère au Japon, pour le moment. Ah, on n'est pas allées à Yakushima finalement... tellement on aimait notre "ville-porte".

 
ouais, y avait un peu de cendres par terre


- Okayama : franponais, Super-Citrouille(le nom du karaoké à côté de l'hôtel) et resto indien ! Il n'y avait pas beaucoup de choses à faire dans cette ville, mais c'était tellement agréable qu'on y serait bien retournées pour un après-midi.

- Matsuyama n'était pas sur notre itinéraire, à vrai dire, tout la région de Shikoku n'y était pas ! On l'a ajoutée au dernier moment et on y a passé des jours très agréables. L'atmosphère était à la détente, les locaux étaient sympas, le château très beau, et Nadia pourrait vous parler pendant une heure du plus vieux onsen du Japon !

- La ville d'Aizu Wakamatsu m'avait été recommandée par une amie. Peu visitée par les étrangers, on en parle peu dans les guides. Personne ne parle anglais, et les employés de la gare n'avaient jamais vu un JRPass (même le patron). Autant dire que pour nous qui voulions voir le Japon loin du tourisme et hors des sentiers battus, c'était absolument génial !


Et vos surprises, bonnes ou mauvaises ? Dans n'importe quel pays...

mercredi 22 juin 2011

Japon : pays de l'inutile

A trop vouloir en faire, on finit par créer de nombreuses occasions pour que les touristes trouvent le Japon encore plus bizarre qu'il ne l'est, et le franponais n'est qu'un premier pas dans cet univers franchement très différent de chez nous.

Les escalators qui se mettent en marche seulement quand on s'en approche, ou les portes "automatiques" sur lesquelles un bouton doit être pressé pour qu'elles s'ouvrent, ça, c'est un bon concept et je suis sûre que ça économise pas mal d'énergie. Le coup de mettre la clé de la chambre dans un trou dans le mur pour que l'électricité s'enclenche, ça aussi, chapeau, ça évite de laisser quelque chose allumé quand on s'en va bien que, je l'ai dit il y a quelques années, il vaut mieux ne pas avoir trop bu quand on rentre parce que trouver le trou dans le noir total, c'est pas facile. Le distributeur à savon qui, comme l'eau du robinet, ne se met en marche que quand on passe la main dessous, question hygiène c'est vraiment cool. Le jet d'eau des toilettes également, si on n'a pas la trouille de s'en servir ça économise du PQ.

Mais... ces toilettes, justement. Est-ce qu'on a besoin de tout ce qui est proposé sur le panneau de contrôle ? Est-ce qu'on a besoin que l'eau coule dès qu'on s’assoit sur le siège ? J'énumère quelques-unes des possibilités des toilettes les plus avancées qui existent :
- siège chauffant (horrible sensation !)
- lunette infra-rouge qui détecte la façon dont on se tient pour relever ou baisser automatiquement le siège (un homme debout devant ? la lunette se lève. Quelqu'un qui s'apprête à s'asseoir ? Elle se baisse). Pour le modèle moins avancé, seul le couvercle se lève à votre arrivée et se baisse à votre départ.
- lecteur mp3 (O_o)
- bruit d'eau qui coule à générer pour que les autres ne vous entendent surtout pas faire pipi !

Il y a une raison pour laquelle j'aime tellement aller dans des magasins ménagers au Japon, c'est à cause de tous les gadgets disponibles, des trucs débiles genre la brosse à langue. Ok, on le sait que la mauvaise haleine est généralement due à la langue et pas aux dents (enfin, il y a des gens qui le savent, disons). Mais pourquoi avoir besoin d'une brosse spéciale et ne pas juste utiliser la brosse à dents normale ?
 
Je crois qu'il s'agit de l'objet le plus bizarre sur lequel je suis tombée là-bas. Ou en tout cas, l'un de ceux dont j'ai compris l'utilité.

D'autres objets à ajouter ?

dimanche 19 juin 2011

L'avion et les désagréments des vols long-courrier

 
A savoir que je suis incapable de dormir dans un avion, dans un train ou dans un bus. Il me faut un lit. C'est très embêtant.
Qu'est-ce que j'aime quand je prends l'avion ?
- La vue, dont on se lasse très vite malheureusement

Qu'est-ce que je n'aime pas dans l'avion ?
- On est mal assis
- On n'a pas de place pour les jambes
- Dès qu'on doit se baisser pour ramasser un truc on se fait un torticolis
- On s'ennuie... même les films sur le petit écran n'ont aucun intérêt réel
- On ne comprend jamais rien aux annonces du pilote
- On mange mal
- Si on est au hublot, on doit sans arrêt déranger notre voisin pour aller aux toilettes... si on est côté couloir, on est sans arrêt dérangé pour que le voisin aille aux toilettes... si on est au milieu, c'est super chiant aussi.
- Après quelques heures, les lumières s'éteignent et on doit fermer les "rideaux" des hublots... parce que miraculeusement on est le seul passager réveillé de tout l'avion !
- Le temps passe extrêmement lentement (surtout quand on regarde la carte interactive... sérieux, faut jamais faire ça, quand on voit qu'on vient de dépasser Moscou c'est comme si on faisait du surplace au-dessus de la Sibérie)

- On se surprend à attendre avec impatience les trous d'air au-dessus d'une certaine chaine de montagnes en Sibérie et au-dessus de la Mer du Japon, ça rate jamais, et ça nous sort de la monotonie du voyage (à condition bien entendu de ne pas avoir peur en avion, sinon vous allez hurler, c'est souvent assez violent).
- La personne devant vous trouve toujours que son siège n'est pas assez incliné
- La personne à côté de vous met toujours le son beaucoup trop fort et malgré le casque, en fait profiter tout l'avion

Ce ne sont que les désagréments qui se produisent immanquablement. On peut ajouter : le bébé qui pleure, les gamins hyperactifs, le voisin qui fait deux fois la taille de son siège et vous compresse dans le vôtre (la prochaine fois je me laisse pas faire, quitte à faire un scandale auprès de la compagnie et demander à être remboursée de moitié. Hé, j'ai eu un demi siège, pas un, je vois pas pourquoi je devrais payer le prix d'un siège complet(non je ne suis pas pour qu'on fasse payer plus cher aux obèses, mais qu'on fasse un geste vis-à-vis de ceux qui en souffrent en tant que voisin)), les ronflements, les odeurs corporelles...

Et puis bien sûr, comment supporter la classe Economy quand on a voyagé dans ces conditions :




 
Voilà, je vais pleurer dans mon coin. Le surclassement, c'est un peu comme si on vous laissait goûter une miette du meilleur gâteau du monde en vous précisant bien que vous ne pourrez le goûter qu'une seule fois dans votre vie. Faut que je m'inscrive à un programme de fidélisation de compagnie aérienne, moi...
Tous ces désagréments, c'est pendant le vol. Mais qu'est-ce qui se passe quand vous en sortez ?


Après un vol long-courrier, on n'est pas très frais, ni au mieux de notre forme. Vous le connaissez sûrement, cet état second qui vous donne l'impression de flotter vaguement dans un monde dénué d'intérêt. On n'arrive pas à penser, on fonctionne automatiquement : on suit la foule, on passe l'immigration, on récupère nos bagages, on passe la douane, puis on file aux toilettes pour essayer de reprendre figure humaine (et réveiller notre cerveau qui est sur "pause" avec de l'eau froide), avant d'aller acheter un ticket de bus et quitter l'aéroport.
ça, c'est si le décalage horaire n'a pas été violent. C'est toujours comme ça, on ne descend pas de l'avion en sautant partout, reposé et revigoré. Oh non. L'état second dure toute la journée. Une bonne nuit de sommeil et c'est fini, par contre.
Si le décalage horaire a un effet dramatique sur vous comme sur moi la première fois, bonne chance. Trois jours de grosse galère en perspective, nausées et vomissements au programme en plus de l'état second.

A noter qu'un tremblement de terre me fait le même effet.

Comment vivez-vous vos décalages horaires ? Et vos plus mauvais souvenirs de vols, qu'est-ce que c'est ?

mardi 14 juin 2011

Acheter des produits d'hygiène féminine au Japon

Avant toute chose, un petit truc à dire : après de nombreuses heures de réflexion, à me demander si j'aurais le courage de reprendre tous mes voyages pour en parler sur un blog anglophone, et après avoir encore une fois recueilli un "pourquoi c'est pas en anglaaaais !" de la part de mes amies qui venaient sur ce blog, j'ai pris ma décision.

J'annonce la naissance de http://walkndream.com , déjà bien fourni niveau articles. Je ne raconte pas les mêmes choses que sur mes blogs de voyage francophones, ça prendrait beaucoup trop de temps et ça n'est pas très intéressant puisque ça date. Donc au lieu de traduire ce que je racontais au jour le jour, je fais une synthèse pour garder les côtés intéressants. Je parle aussi de l'Europe.

L'article maintenant :

Premièrement, une grande question que les filles ne se posent pas forcément : trouve-t-on des tampons au Japon (et ailleurs en Asie) ?
Pas vraiment. Il y a une variété impressionnante de serviettes, mais pas de tampons. Je pense que ça doit être possible d'en trouver, où, je ne sais pas, je n'ai pas cherché. Prenez votre stock.

Et ensuite, comment ça se passe d'acheter ce genre d'articles ?
Les Japonais semblent trouver ça honteux. Quand on passe à la caisse, le paquet disparaît très vite dans un sachet en carton fermé avec du scotch qui est ensuite déposé dans un sachet plastique, et pas mélangé avec la nourriture en plus.

Testé, juste pour rire : je suis allée deux fois à la seule caisse tenue par un homme (apparemment un étudiant) pour payer mon paquet de serviettes. Il est devenu tout rouge et a appelé une collègue pour qu'elle s'occupe de moi. La seconde fois, il a essayé de garder un visage neutre mais ça se voyait qu'il avait juste envie de faire disparaître ce terrifiant objet le plus rapidement possible.

Comment expliquer ça ? On ne peut pas dire que ce soit un peuple prude, oui bien sûr les gens ne s'embrassent pas dans la rue, ils sont très discrets, mais en même temps il y a des pages de manga hentai dans plein de magazines, et les revues pornographiques sont au vu et au su de tous dans le moindre petit magasin de quartier !

Je comprends pas.

mercredi 8 juin 2011

Faire son sac

 
Le casse-tête de tout voyageur ! Enfin, surtout des filles, j'imagine. Ce qui est sur cette photo, à part la peluche, ma caméra et le Lonely Planet que j'ai fini par ne pas prendre, est ce que j'ai pris avec moi pour mes 6 mois et demi en Asie, 6 mois et demi qui sont devenus 5 mois au final. Comme d'habitude, je n'ai pas utilisé la moitié de ce que j'ai pris, mais tant pis.

Par contre, ceci est un petit conseil :

Dans votre bagage à main, en plus de mettre ce qui a de la valeur et ce qui est électronique, mettez aussi les câbles de votre PC etc., prenez des chaussettes de rechange, des culottes et tous les papiers utiles (plans, adresses etc.). Pourquoi

Parce que si votre valise ne vous suit pas parce qu'elle a décidé de faire une escale plus longue que la vôtre, vous vous en mordrez les doigts ! Quelques fois, elle n'arrive pas directement le lendemain soir, j'ai dû attendre plus de 3 jours la première fois. 

Je n'avais ni habits de rechange, ni serviette de bain, ni brosse à cheveux, ni maquillage, ni câbles, ni adaptateur... j'ai dû acheter des chaussettes et des culottes (taille japonaise, ô joie). C'était mon premier voyage toute seule, j'ai bien appris la leçon ! 

C'est très important pour moi de pouvoir me connecter au Net dès mon arrivée pour rassurer ma famille et leur dire que je suis bien arrivée. Et ça l'était d'autant plus cette fois-ci, parce que j'avais seulement 19 ans.

Désormais je prévois ! Et l'an dernier, j'ai même espéré que ma valise n'arrive pas, parce que je n'avais pas envie de la porter jusqu'à l'auberge. J'ai été exaucée, et personne dans l'aéroport n'a compris pourquoi j'avais un grand sourire et l'air ravie que ça m'arrive.

lundi 6 juin 2011

Les mouchoirs

 
Ici : mouchoir suisse VS mouchoir japonais
Les mouchoirs japonais ont une particularité fort désagréable, celle d'être ridiculement fins. Que ce soit ceux qu'on vous distribue dans la rue ou ceux que vous achetez en magasin, on voit à travers et ils ne servent franchement à rien.

Il faut savoir qu'au Japon, on ne se mouche pas, ça ne se fait pas. On renifle. Ces mouchoirs sont donc utilisés plutôt comme des serviettes. Problème ? Renifler, c'est bien joli, mais une fois de retour dans la chambre d'hôtel avec un gros rhume, en tant qu'étranger à qui on a dit depuis tout petit de ne PAS renifler mais de se moucher, on prend tout de suite un mouchoir pour le faire à l'abri des regards. Et c'est le drame, parce que les mouchoirs ne sont pas faits pour ça.

Un mystère reste entier pourtant : pour les mouchoirs, j'ai bien compris le principe. Mais alors pourquoi le papier toilette est tout aussi fin et peu résistant ? Il est comme si vous prenez une feuille de PQ chez nous et séparez les couches, il fait l'épaisseur d'une, voire deux couches si vous avez de la chance. Pas de problème si vous avez la chance d'avoir les toilettes du futur dans votre chambre ( = avec le jet pour se rincer, entre autres), mais c'est pas le cas la moitié du temps...

Quand je suis là-bas, le PQ est ce qui me manque le plus, après mon lit.

dimanche 5 juin 2011

Musique du Vendredi #2

On est dimanche, je sais, pardon !

L'artiste que je vous présente cette fois est encore une femme, il s'agit de alan. Elle est tibétaine/chinoise, mais chante la plupart du temps en japonais. Vous la connaissez peut-être pour sa magnifique chanson du générique du film Red Cliff.


Personnellement, je préfère ses chansons en chinois (c'est rare que j'apprécie le chinois chanté, mais sa voix est parfaite pour cette langue). En japonais, elle a un accent très mignon.
Je n'écoute pas de pop à proprement parler, les chansons que j'aime dans son répertoire sont celles aux sons typiquement asiatiques.

En japonais :

En tibétain :

En chinois :

mercredi 1 juin 2011

L'art de traverser la route [Taiwan]

 
Si vous êtes comme moi, du genre à ne pas traverser même s'il n'y a pas de voiture tant que le feu n'est pas vert pour les piétons, alors en allant à Taiwan (ou presque partout en Asie, à part au Japon), vous allez beaucoup souffrir et trouver tous les moyens possibles pour éviter de traverser (souterrains, par exemple, même si ça vous fait marcher 20 minutes de plus).

La circulation Taiwanaise, c'est le chaos total ! On dirait que personne n'a de permis, ça roule n'importe comment. Les scooters sont la plaie des routes ! Il y en a partout, lancés à toute vitesse, dont les conducteurs sont passés maîtres dans l'art du zigzag pour éviter le pauvre piéton apeuré qui traverse. 

Pour éviter les accidents, ils ont inventé un système avec les feux. Si au Japon, une petite minuterie fait "Tut-tut, tut-tut" tant que vous pouvez traverser, à Taiwan, c'est encore mieux. Il y a la minuterie, mais aussi un décompte qui s'affiche en dessous du feu(en général, 20 secondes, ce qui est peu quand vous devez vous faufiler parmi la foule). 

Les véhicules respectent les feux, le problème vient des rues parallèles quand c'est vert pour elles ET pour le piéton.



La clé, en tant que piéton ? Ne pas s'arrêter. Une fois lancé sur le passage, vous y allez. C'est vous qui avez la priorité, les voitures attendront toujours, et quant aux scooters, ils vous éviteront. Oui, ça fiche la trouille, mais ça marche.

En tant que piéton, vous n'êtes pas vraiment en danger. Si vous décidez de monter vous-mêmes sur un scooter, ça se complique, et vous risquez de garder des cicatrices.

Magie de l'éducation... ?

 
(été 2009)

Vous avez sûrement tous déjà vécu ce moment atroce lors d'un trajet en train, en bus ou pire, en avion : voir monter à bord une famille avec enfants en bas âge, ou pire, une sortie scolaire. Et tous, vous avez eu la même réaction : "OH NON"

Ce n'est pas nouveau, les enfants chez nous sont turbulents (de plus en plus, il me semble), irrespectueux (entre 7 et 11 ans) et bruyants. Et les bébés peuvent hurler pendant des heures.

Je sais bien que pour les bébés, il n'y a pas grand chose à faire. Quand ça hurle, ben... ça hurle. On sait pas pourquoi, bien souvent. Mais chers parents, quand vous êtes dans un train, vous pouvez emmener votre bébé entre les compartiments, ça soulagerait un peu les oreilles des passagers.

Pour les enfants... pourquoi vous les laissez faire, pourquoi vous les laissez frapper les adultes, insulter les petits vieux, rester dehors jusqu'à tard le soir, se comporter comme des rois et se croire supérieurs à tout le monde ? Parents trop laxistes ?

Où je veux en venir avec cette intro ?

 (été 2009)

Au Japon, je ne sais pas comment les gamins sont élevés, mais on se rend compte qu'il y a un problème chez nous quand on va là-bas et qu'on se retrouve face à des enfants.

J'ai bien sûr déjà eu dans le train où j'étais, un bébé en train de pleurer, mais à chaque crise de larmes, ses parents, à tour de rôle, quittaient le wagon. C'est une question de respect des autres passagers, surtout que le trajet, dans ce cas-là, durait neuf heures. J'ai aussi eu les parents désemparés, incapables de le faire taire ou de quitter leur siège (dans un bus ou avion), mais au moins, ils s'excusaient pour le dérangement...
 
(été 2009)

Les enfants plus âgés ont une notion du respect qui n'existe pas chez nous et qui leur reste pour leur vie entière. S'ils voyagent avec leurs parents, ces derniers trouvent toujours une occupation pour eux, et incroyable, les enfants s'occupent effectivement avec ce qui leur est proposé(comme les enfants du Blond (si vous ne connaissez pas ce sketch de Gad Elmaleh, votre vie n'a pas encore de sens). Ils font du coloriage et ils dépassent PAS).

 
(été 2009)

Ils semblent plus curieux aussi, j'ai entendu parler de la raison. Je ne sais pas si c'est vrai, mais ça se tient : on leur apprend à observer autour d'eux, on attise leur curiosité au sujet de chaque détail (surtout dans la nature).


 
(ces trois photos : Korakuen, hiver 2008)

Pendant plus d'une heure, ils sont capables de rester assis face à la fenêtre d'un train / bus, simplement à regarder dehors. Et cela même s'ils ont quatre ou cinq ans.

S'ils attrapent la bougeotte et commencent à geindre, les parents les remettent tout de suite à leur place d'une voix très ferme.
 
(été 2009)

En plus de 30 semaines au Japon, jamais je n'ai eu envie de hurler après un gamin ou ses parents. Il y a eu une fois où j'ai été exaspérée (j'ai très peu de patience avec les enfants dont je n'ai pas la responsabilité) par des pleurs que les parents n'arrivaient pas à calmer et comme c'était dans un avion, ils ne pouvaient pas faire grand chose. Par contre, chez nous, la moitié du temps quand je prends les transports publics, j'ai le "urge to kill rising".


Ah et une autre chose, qui semble absente au pays du soleil levant : depuis quelques années chez nous, les filles ont des sacs à main, des mini jupes, limite du maquillage et se conduisent comme des pétasses depuis qu'elles ont... 5 ans. Il leur manque les talons à la Suri Cruise. L'enfance semble avoir disparu, et de nos jours, je n'aimerais pas être une petite fille normale avec des occupations de son âge (jouer aux Barbies, pas envoyer des sms). Imaginez les moqueries des autres...

C'est en général avec un soupir nostalgique que je regarde les premiers gamins désagréables à la descente de l'avion à Genève... en me disant qu'il y a vraiment un truc qui joue pas chez nous.

Note : c'est une généralité. Les enfants japonais sont certes beaucoup plus agréables que les nôtres en public, mais il existe aussi des teignes. Je parle de respect ici, et s'il est vrai que la majorité (tout âge confondu) est très respectueuse de tout, il y a aussi des abrutis (qui sont encore plus énervants parce qu'on perd l'habitude de les voir).

 
(Concert de GACKT, Misato, hiver 2008)