lundi 30 mai 2011

Kimono

Vous connaissez peut-être (probablement, si vous êtes ici) les différences entre les kimono et les yukata, mais je vais vous éclairer :

Tout d'abord, le mot kimono signifie vêtement, mais je l'emploie ici parce que chez nous, on l'associe à un seul type d'habit.

Un yukata,ou kimono d'été comme on dit souvent, est un vêtement léger. C'est ce qui est laissé dans les chambres d'hôtel et les ryokan, une sorte de peignoir avec lequel s'asseoir est une belle galère, mais qui est facile à mettre. Ceux pour les femmes sont très colorés, ceux pour les hommes sont très sobres. Les japonais en portent pour les festivals, notamment, et ce n'est pas rare de les voir habillés ainsi dans la vie de tous les jours.
 
(été 2010)

C'est que vous achetez pour faire des cadeaux à votre famille qui n'est pas partie avec vous, ce qui est facile à trouver en dessous de 10'000 yen. C'est vraiment très joli et léger.
 
(été 2010)
 
(été 2010)

 
(été 2009)

Un kimono, c'est ce que vous n'achetez pas à moins d'avoir beaucoup d'argent, ce qui en tant que touriste, normalement, n'est pas le cas. La sensation quand on en porte un, pour une femme, est similaire à celle d'un corset.

Ceux pour femmes sont, en général, en soie. Ils ont beaucoup de motifs, sont très décorés et se portent avec de très nombreux accessoires. Ceux pour les hommes sont plus sobres et donc moins coûteux !

Il est extrêmement difficile de mettre un kimono soi-même... je pense que c'est possible, mais j'ai lu que les Japonaises devaient prendre des cours pour ça ! Un tel vêtement est si cher qu'en général, les familles ne font que les louer pour les occasions spéciales.

 
(détail d'une des parties d'un kimono de location, automne 2007)

Si vous êtes pressé et devez en mettre un, oubliez ! Il y a des tas de couches différentes à mettre, de règles à respecter pour que les pans des tissus tombent juste etc. 

Il existe des studios photos spécialisés dans lesquels on peut aller se faire prendre en photo par un pro, pour un prix entre 15'000 et 30'000 yen, maquillage et habillage compris. Personnellement, j'étais allée au Studio Katsura à Harajuku et à part qu'on m'avait fichu le mascara dans l’œil et que ça a ruiné le maquillage d'un côté, et qu'en plus je n'arrivais pas à respirer avec ce machin tellement serré, c'était une bonne expérience.
 
(accessoires sur ma perruque, 2007)

 
(détails de mon obi, 2007)

 
(Sabrina, 2007)

 
(moi, 2007)

 
(phase maquillage, 2007)

Le samedi après-midi à Harajuku, sur le trottoir en face du magasin de préservatifs "Condomania" (au bout de Omotesando Hills), se tient un marché de kimono et yukata d'occasion. Il y a un an et demi, j'y ai trouvé un magnifique kimono masculin pour la modique somme de 3000 yen. Les japonais sont très soigneux, acheter d'occasion s'avère bien plus agréable et courant que chez nous. Je l'ai acheté, il traîne dans mon armoire depuis, il me manque juste le bel asiatique qui le portera pour me faire baver.

 
(détails du bas du kimono d'occasion, 2009)

J'ai pu porter un kimono (masculin cette fois) lors de cette fameuse nuit dont j'ai déjà parlé, celle où j'ai fait 1h30 de marche par 39°C à une heure du matin. Donc oui, non seulement il faisait une chaleur à crever, mais en plus, j'avais un foutu kimono sur le dos !
 
 Bien moins serré qu'un kimono féminin(enfin, au niveau de la poitrine surtout, parce que les kimono pour femmes, ça compresse tout le torse), je les trouve aussi plus jolis... mais il a tout de même fallu qu'on soit deux pour que je puisse le mettre.

Mes impressions : un kimono c'est lourd, mais on a moins peur qu'il s'ouvre et qu'il nous fasse jouer l'exhibitionniste, qu'un yukata. Personnellement, les yukata, j'ai toujours l'impression qu'ils ne tiennent pas !

vendredi 27 mai 2011

Musique du Vendredi #1

Une nouvelle série d'articles dont j'ai eu l'idée il y a quelques jours. Tous les vendredis, je présenterai rapidement un groupe asiatique avec ma chanson préférée.

Cette fois-ci, je commence par un groupe Japonais composé de trois filles (elles étaient quatre au début) : Hikaru, Keiko et Wakana.
KALAFINA


Keiko, en plus d'être la plus jolie (à mon avis), a une voix grave vraiment très belle qui change énormément des voix des chanteuses japonaises dont on a l'habitude. L'harmonie entre les trois filles est superbe.
C'est très difficile de choisir une chanson que je trouve mieux que les autres. J'aime énormément Kagayaku sora no shijima , mais leur dernier album Red Moon est une perle. Voici Magia, que j'ai choisi ici pour la voix de Keiko, en particulier.

mercredi 25 mai 2011

Petite comparaison de comportement

Comment est-ce qu'on vous traite en Asie, en général, si vous êtes étranger (et l'êtes visiblement, je ne parle pas d'un français aux parents asiatiques... ça change apparemment radicalement dans ce cas) ?

Basé bien entendu sur ma propre expérience et sur celles des personnes qui se comportent bien vis-à-vis des gens... pas les "mauvais" touristes qui se prennent pour des rois (genre le mec qui hurlait sur le pauvre réceptionniste parce qu'il parlait pas anglais... véridique... ça me désole). Une comparaison vieux/jeunes/enfants (je laisse de côté les adultes, parce que je n'ai pas vraiment noté de particularité), et pour le Japon, un peu plus de données que pour Taiwan et la Corée !


TAIWAN
Anglais peu parlé, mais ceux qui le parlent le maîtrisent assez bien (beaucoup mieux que les Japonais)
Enfants : je n'ai rien noté de particulier. Certains vous regardent, d'autres vous ignorent.
Jeunes : pour les jeunes, vous n'existez pas. Taiwan n'est pas vraiment touristique mais par contre, c'est une destination prisée des étudiants en chinois. Les jeunes ont dont l'habitude de vous voir.
Vieux : ils vous adorent ! Ils vous font des grands signes, des sourires édentés, des clins d’œil, viennent s'asseoir à votre table pour discuter... souvent de politique !

 
(la seule fois qu'on m'a regardée comme si j'étais une alien... Taipei, Wanhua )

 
(Taipei, Shilin)

COREE
L'anglais est aussi inexistant qu'au Japon.
Enfants : je n'en ai pas vu beaucoup, mais la petite fille du supermarché près de mon logement était fascinée et venait tous les jours vers moi quand j'entrais. Les écoliers me regardaient avec des yeux ronds.
Jeunes : on sent qu'ils vous regardent, mais j'ai l'impression qu'ils sont encore plus timides que les japonais. Je n'ai pas été abordée une seule fois.
Vieux : eux aussi vous ignorent, mais si vous les abordez pour leur poser une question, ils seront tous heureux de pouvoir aider. J'ai rencontré là-bas une française malentendante qui a voulu un jour demander son chemin, et le petit vieux qui l'a aidée s'est donné toute la peine du monde pour tout écrire en anglais sur un petit papier. Elle m'a raconté qu'il avait par contre très peur de faire des fautes et qu'il traçait tout le temps les mots qu'il pensait faux, malgré qu'elle lui disait que c'était le dernier de ses soucis.

JAPON
Enlevez Takayama de ces exemples, c'est une ville un peu en dehors de toute généralité (et pas dans le bon sens du terme). Et sachez que du Nord au Sud, on vous regarde partout.
Dans les grandes villes :
Enfants : les tous petits, ils vous fixent sans arrêt, vous êtes une créature bizarre pour eux. Ils commencent par être timides mais si on les approche ou qu'on leur fait un petit signe, ils ne sont pas différents des enfants de chez nous qui se cachent derrière les jupes de leur mère avec un petit sourire coquin. Quant aux écoliers, ça glousse, ça fait des petits signes, ça discute en se demandant si on peut être abordé ou pas...
Jeunes : ils nous regardent, mais à moins qu'ils parlent anglais(rare), ils ne viendront pas vous parler.
Vieux : il paraît que les vieux des grandes villes ont tendance à être plus xénophobes que les autres, plus agressifs. Peut-être, mais pas avec moi. Ce que j'ai vu : ils nous regardent, on a droit de temps à temps à des petits sourires et des signes de tête, mais c'est rare qu'ils décident de venir vous parler (ça m'est arrivé dans le métro. Un type, trilingue(japonais, anglais, français), avec qui j'ai discuté Histoire du Japon pendant tout le trajet)

 
(Kyoto)

 
(Kyoto)

Dans les lieux un peu moins connus, moins touristiques, moins gigantesques (à savoir qu'au Sud, les gens sont plus "latins", plus démonstratifs) :
Enfants : les tous petits, j'ai eu les deux extrêmes. Ceux qui nous couraient après, nous arrêtaient pour nous poser plein de questions avec les quelques phrases d'anglais apprises par cœur, nous touchaient pour voir si on était bien faites pareil... très difficile de se défaire d'eux ! Et puis, ceux qui hurlent de terreur et se mettent à pleurer... on se sent tout mal après. Et les parents savent pas trop quoi faire à part rassurer le petit (une fois ça a marché, j'ai même fini par avoir un sourire, et une autre fois c'était la catastrophe et j'ai fini par faire un détour pour que la fillette ne me voie plus).
 
 (Tokyo, Asakusa)

Jeunes : exactement comme dans les grandes villes. Bien qu'il arrive que les lycéens disent "Hello !" avant d'éclater de rire et de rougir. Dans le Sud, ils vont parler de vous très fort (en bons termes en général) en pensant qu'ils ne seront pas compris, puis se sentir très bêtes si vous décidez de leur dire qu'en fait, vous avez pigé.
Vieux : les vieux... c'est très spécial. En tout cas, il me semble que l'été dernier, on les a attirés comme des aimants partout où on allait. Ils viennent vers vous et vous racontent l'histoire de leur vie, vous montrent des photos... tout cela en japonais, en s'en fichant complètement que vous compreniez ou pas. Ils n'ont aucune gêne, et sont très marrants... ça peut durer des heures ! (1h30 pour me défaire de la vieille dame au petit parc de la gare de Aizu !)

 
(Joetsu)

Le verdict est que j'ai bien plus l'impression d'être une curiosité au Japon, qui est pourtant plus touristique que la Corée ou Taiwan.

Et quelle est votre impression ? Des anecdotes particulières ?

lundi 23 mai 2011

Un mystère comme on n'en trouve qu'au Japon

Après cette fin du monde impressionnante avec ces riens qui se sont produits les uns après les autres, j'aurais bien voulu faire un article, mais pour une fois, un dimanche a été bien rempli avec projet de revoir mes amies lors d'un mini voyage en Allemagne(j'vais-voir-gackt-à-berlin-yayayayay!!!) et j'ai donc décidé d'attendre aujourd'hui pour poster.

Ce sera court et concis :

Si l'un des Japonais qui visite mon blog grâce à l'article de searchina parle français et peut éclairer un mystère aussi épais que du miel, j'en serais ravie.

 
Ceci est une poubelle.
On sait tous que le Japon est l'un des pays les plus propres sur cette planète, mais alors expliquez-moi, amis Japonais, comment vous faites alors qu'il n'y a pratiquement aucune poubelle nulle part ??

Parce que moi, quand je me promène toute une journée, je finis forcément par avoir plein de trucs à jeter (bouteilles vides (surtout en été), chewing-gum, sachets de petits snacks achetés en route...) et c'est mon sac à main qui se transforme en déchetterie. 

Pourquoi les trottoirs japonais sont-ils immaculés alors qu'il n'y a pas de poubelles dans la rue ? 
Chez nous, c'est déjà dégueulasse par terre AVEC des poubelles partout, mais si on les enlève, j'ose pas imaginer le résultat ! Vous  le mettez où, votre "ch'nis", dans vos poches ? (haha j'suis contente j'ai mis un mot bien suisse là-dedans)

Serait-ce la raison pour laquelle les femmes ont souvent deux sacs à main ? L'un d'eux sert de poubelle ?

samedi 21 mai 2011

Le Dernier Jour de l'Humanité (mais LOL !)

Il paraît que c'est la fin du monde, aujourd'hui. On est peut-être déjà tous morts et on ne le sait même pas ! Et quand demain, ce prédicateur à la noix se réveillera en vie, il va utiliser la même excuse que la dernière fois que sa "fin du monde" ne s'est pas produite (en 1994) : "c'était une erreur de calcul"

Donc, puisque ce post est le dernier avant la disparition de l'humanité (à 18h précises, attention !), nous allons aborder un sujet sérieux, qui mènera au recueillement, à la méditation et qui est tout à fait dans le ton :

*musique grandiose pour faire pleurer l'audience*

Les distributeurs à boissons

(admirez cette photo émouvante)

 
(Harajuku)
Quand vous étiez petit, vous vous souvenez peut-être qu'on vous a dit de ne pas acheter quelque chose dans les distributeurs, pour deux raisons : 1) c'était trop cher , 2) une fois sur deux, la machine ne fonctionnait pas correctement et avalait votre argent sans vous donner ce que vous aviez acheté.

Imaginez arriver au Japon et voir que non seulement les distributeurs marchent, mais qu'ils sont partout, n'ont pas été vandalisés et n'ont pas triplé le prix des articles. C'est tout un mythe qui s'écroule autour de vous, un interdit qui devient permis ! Au début, vous n'osez pas. Vous vous en servez peut-être une fois durant votre voyage. Puis, petit à petit, ça devient naturel d'appuyer sur ces boutons qui clignotent, et vous vous retrouvez à vous servir à boire sans arrêt.

Non seulement les distributeurs à boissons proposent un choix varié avec des produits qu'il faut absolument que vous testiez un jour parce que "waw du melon soda !" ou "argh du Pocari Sweat... mais est-ce que c'est vraiment si dégueu que ça, je vais réessayer pour voir !" (c'est toujours aussi dégueu), mais ils ont aussi une option fabuleuse qui est celle de vous fournir des canettes de soupe / café / thé etc. chaudes ! (très chaudes) Ah, et ils rendent la monnaie. Même sur les billets. 

Un système ingénieux leur permet également de vendre de l'alcool (jamais d'alcools forts, par contre) et des cigarettes sans que les mineurs ne s'amusent à en prendre. A leur majorité, les Japonais ont la possibilité de se faire faire une sorte de carte d'identité magnétique qu'ils doivent poser sur un écran du distributeur pour avoir ce qu'ils veulent. Vous me direz que la faille est énorme : il leur suffit de demander la carte d'un adulte. Mais l'idée est bonne (de plus, je ne suis pas sûre que la consommation d'alcool et de clopes soit autant un problème chez les ados Japonais que chez les nôtres... en tout cas pas en public).

Les distributeurs à boissons se trouvent absolument n'importe où, pas comme chez nous où il y en a deux qui se courent après dans une ville (et un seul qui marche). Ils font partie du décor, comme les fils électriques, et en été, ils méritent d'être vénérés au même titre que le Dieu Clim'. 

 
(Okayama. Photo par Nadia)

On les trouve dans les gares, dans toutes les rues et ruelles, à l'entrée des magasins, DANS les magasins pour certains, à l'intérieur des buildings, dans les hôtels(souvent à chaque étage), au milieu de la jungle (véridique. Accessible uniquement par un petit sentier tortueux au milieu de la végétation très dense de Miyakojima), et même à l'intérieur des trains !

Une petite soif ?


vendredi 20 mai 2011

Un peu d'Histoire... le plus long post imaginable.

Edit : plus de 2000 visites depuis ce matin, origine : Japon, via mixi et des traducteurs... que se passe-t-il?
Edit 2 : on parle de mon blog dans un article en japonais : http://news.searchina.ne.jp/disp.cgi?y=2011&d=0520&f=national_0520_022.shtml Voilà la raison. みんなさん、ようこそ !(笑) 

Prêts pour un MEGA GIGA post ?

Note : merci de ne pas reposter ce texte, de vous l'approprier ou de l'utiliser. Vous pouvez en citer le 10% avec un lien vers ce post et en disant que j'en suis l'auteur.

J'ai décidé de traiter aujourd'hui d'un sujet peu commun sur les blogs parlant du Japon (à cause du manque de traduction, peut-être?), et d'une manière plus scolaire (et donc peut-être plus ennuyante à lire). Il s'agit d'une véritable analyse, d'un condensé d'informations et d'un résumé, exactement comme si je devais le présenter lors d'un travail à l'école...

L'Homosexualité masculine au Japon, les débuts, l'évolution, et ce qu'on en retrouve de nos jours.

Les débuts

La toute première trace écrite d'une relation amoureuse entre deux hommes remonte à 720 après JC, et il s'agit d'une légende tragique, deux prêtres amoureux qui ont été enterrés ensemble (et qui ont apporté les ténèbres sur la région, mais après quelques recherches il s'avère que les ténèbres en question étaient là à cause du fait qu'ils étaient de deux temples différents et n'auraient pas dû partager une tombe, pas parce qu'ils étaient amoureux). L'histoire est quant à elle datée du 3ème siècle. Il n'y a pas mention qu'ils aient eu une relation intime, mais leur vie s'est achevée d'une façon très Shakespearienne, puisqu'à la mort du premier, le second s'est suicidé.

D'autres traces se retrouvent dans des poèmes, des journaux intimes et des livres à travers les siècles suivants, parlant de beaux jeunes hommes retenus au palais pour les désirs des Empereurs (par exemple l'Empereur Shirakawa, au onzième siècle), ou encore de prince exilé (romantique, n'est-ce pas ?).

L'ère Heian regorge de ce genre d'histoires. Les relations entre hommes à la cour n'étaient absolument pas mal vues. Si on compare avec la Chine, le Japon était pourtant à la traîne et les relations homosexuelles étaient anecdotiques.

Chez les moines...

On distinguait deux sortes de relations homosexuelles : celles ayant lieu à la cour, chez les guerriers ou dans les palais des Shogun (les dirigeants militaires), et celles ayant lieu au sein des monastères.

Les documents religieux sont les seuls à fournir des informations précises et nombreuses à ce sujet avant la période Tokugawa.

Dans le milieu religieux, on ne parlait pas encore de relations entre hommes du même âge, mais bien de pédérastie. Les prêtres bouddhiques avaient de jeunes garçons à leur service (le plus jeune dont on ait une trace avait cinq ans lors de son entrée au temple, mais il n'est pas dit s'il a été touché ou non avant d'être plus âgé. Les autres avaient une dizaine d'années à leur arrivée, même remarque, il est possible qu'ils aient eu un peu de chance et aient "attendu").

Il est dit qu'en 806, un prêtre bouddhiste est revenu d'un voyage en Chine et a rapporté avec lui des coutumes jusqu'alors étrangères à son pays. Dès lors, les garçons ont été utilisés par les prêtres, qui pensaient atteindre un plus haut niveau spirituel grâce à ces « échanges ». A noter que le premier lieu où ces relations ont pris place a été le Mont Koya (près de Osaka). Le Mont Hiei (près de Kyoto) est un autre endroit célèbre pour ça.

L'homosexualité était nommée « la belle voie », ou « La Voie ». Les prêtres ne touchaient pas les femmes, puisque cela leur était interdit, mais puisque rien n'était écrit au sujet des hommes, ils n'étaient pas abstinents. Le Japon était marqué par l'absence de tabous, les prêtres ignorant (ou choisissant d'ignorer?) le côté homophobe du bouddhisme adopté par les pays alentours et faisant leur propre interprétation de la religion (je parle de religion et non pas de philosophie pour différentes raisons).

Il faut aussi séparer les sentiments du sexe ; les deux étaient acceptés, et les deux sont mentionnés dans les livres de l'époque.

A noter aussi que ces garçons étaient bien traités. On ne les enlevait pas à leurs familles ; il s'agissait d'enfants et d'adolescents de haut rang, qui entraient au temple après avoir suivi des cours spécifiques, et qui n'étaient pas nécessairement touchés. La pénétration était presque inexistante. Ils étaient beaux et androgynes, et bien qu'ils doivent agir comme un substitut féminin, ils ne devaient pas se conduire comme des femmes. Ils ne parlaient pas d'une façon féminine et pratiquaient des arts considérés comme masculins (la musique et la composition florale, par exemple. Il est intéressant d'ailleurs que ces arts aient été si associés aux femmes dans notre société, mais pas dans la leur !).

Chez les guerriers...

Les guerriers comme les moines vivaient durant de très longues périodes loin de toute présence féminine, ce qui peut expliquer pourquoi les hommes ont commencé à « s'amuser » entre eux.

Il faut savoir que la loyauté aux seigneurs locaux, aux supérieurs militaires etc. était décrite comme plus importante et allant plus loin que celle d'un homme envers sa femme et ses enfants. On connaît l'attachement à l'honneur des samouraïs, et leur dévotion totale pour leur cause, qui apparemment, selon plusieurs sources, allait jusqu'à l'amour pour leur seigneur. L'histoire célèbre « chuushingura » “忠臣蔵”comporte un exemple d'un samouraï devant se suicider mais décidant d'attendre la venue de son seigneur et déclarant être triste de quitter cette vie sans le revoir. Il ignore complètement sa propre épouse, qui est assise près de lui.

La normalisation des relations entre hommes dans la société vient de cette dévotion vassal/seigneur et de la façon négative dont on voyait les femmes. Les enfants de samouraïs étaient souvent éduqués dans les temples – étant donc parfois les amants des moines – et cela contribuait bien entendu à leur vision du sexe entre hommes dans leur vie d'adulte.

Pour les guerriers, le garçon idéal a tout d'abord été un guerrier lui-même, avec la célébration de la beauté du corps masculin et des muscles, puis ça a évolué vers l'androgénie, les beautés angéliques des serviteurs adolescents (de 14 à 19 ans).

Parmi les seigneurs de guerre célèbres ayant eu des relations homosexuelles, on peut même citer Uesugi Kenshin et Miyamoto Musashi.

L'influence de ces relations a eu des effets parfois désastreux sur la politique, et c'est de ces histoires-là dont on a une trace écrite, mais il n'y a aucun doute qu'il y en a eu des myriades d'autres. La question que l'on posait à un homme n'était pas pourquoi il avait un amant masculin, mais pourquoi il n'en avait pas.

Prostitution

L'homosexualité a été « commercialisée », ou rendue publique et accessible à tous, avec la montée de la prostitution et le succès du théâtre dans le Japon réunifié (le pays a été divisé pendant longtemps) à partir du milieu du 16ème siècle.

Kyoto possédait une large industrie du sexe, avec des hommes et des femmes. Les prostitués mâles étaient classés en catégories ; les travestis de haut rang, en général acteurs de Kabuki et les courtisans. Ils étaient mieux payés que les serviteurs des samouraïs et, tous comme les Oiran (femmes prostituées souvent confondues avec les geisha), étaient bien considérés et respectés.

Les théâtres étant souvent connectés aux « maisons de thé » (qui bien sûr servaient à autre chose qu'à boire un thé) par des couloirs ou se trouvant simplement dans le même bâtiment, une aide pour que les acteurs fassent des heures supplémentaires. Il était normal qu'un acteur soit choisi par un homme riche et doive le retrouver après la pièce. Au fil du temps, cette pratique a été réglementée plus étroitement, les acteurs sont devenus moins accessibles.

La ville d'Edo (à présent Tokyo) était l'endroit possédant le plus de maisons de thé au personnel masculin.

Au milieu du 18ème siècle, le déclin de ces maisons a commencé, lié au désintérêt porté à ces services puisque les bordels moins chers pullulaient. De plus, le gouvernement a aidé à leur fermeture en imposant de nouvelles lois contre la prostitution.

Avant cette réforme, il y a eu une montée de l'érotisme dans les peintures et les livres et une présence non négligeable de thèmes homosexuels ou bisexuels. Grâce à l'imprimerie, les romans homoérotiques ont vu le jour et la demande était très forte.

La fin des haricots

L'homophobie a été importée avec l'ouverture du Japon sur le monde il y a plus d'un siècle. Les publications traduites ont commencé à fermer les esprits, déclarant que l'homosexualité était anormale, et c'est malheureusement ce qu'une grande partie de la population, japonaise ou non, dit encore aujourd'hui. Les peines d'emprisonnement ont été créées pour imiter ce que les japonais de l'époque, favorables à l'ouverture sur le monde, appelaient les « pays civilisés ». Durant l'ère Meiji (1868 – 1912), les écoles et les académies militaires étaient pourtant remplies de relations entre élèves du même sexe, mais des livres et des articles ont été publiés pour les mettre en garde afin qu'ils cessent ces activités.

De nos jours

Être homosexuel au Japon n'est pas une partie de plaisir. C'est légal, et toléré tant que ça reste discret. Les homosexuels sont une communauté qui est ignorée. Dans les grandes villes, c'est supportable, mais si on s'éloigne un peu, il y a des chances pour qu'ils ne disent jamais qu'ils aiment les hommes ! Pression familiale, honneur... il y a beaucoup à perdre. Une majorité des homosexuels se marie pour se fondre dans la société.

Après lecture de cet article, vous savez que l'imagerie et les textes à caractère homosexuel ne datent pas d'hier :

Il existe un phénomène datant du début des années 1970, qui est l'intérêt grandissant des femmes envers ce genre oublié pendant des décennies. Mais pour plaire aux femmes, l'homoérotisme a été modifié, étoffé, rendu plus romantique... et ça s'appelle le shounen-ai, autrement dit le Boys Love, l'amour entre garçons. Le Yaoi est quant à lui un style qui s'apparente plus à la pornographie, avec pas ou peu de scénario, mais pas de gros plans ni de détails crus. Le BL et le Yaoi existent en mangas, films, animes, romans, CD, jeux vidéos. Il s'agit de relations idéalisées. Il existe également des mangas gay, mais ceux-ci ne sont pas trouvables dans le magasin du coin de la rue, il faut chercher, et c'est comparable au Hentai.

Malgré le succès indiscutable du Yaoi (voir mon article sur K-BOOKS), les japonaises ne sont pas plus tolérantes que les autres.

La différence d'avec l'Europe ou les USA, c'est que là-bas, on ne parle pas de l'homosexualité. Le conformisme de leur société les oblige à rester dans le moule, et ce qui se passerait si leur patron et leur famille découvraient la vérité serait loin d'être tout rose. Le PACS n'existe pas, les gays n'ont pas le droit d'entrer dans l'armée (enfin, ce qu'elle est devenue depuis la 2ème guerre mondiale).

Un petit détail tout de même : en 1999, un couple gay a eu le droit de se marier dans un temple shinto.

Stéréotype

Le schéma connu des amateurs de yaoi, « uke » (celui qui « fait la femme ») et « seme » (« l'homme ») peut être retrouvé dès les premiers pas de l'homosexualité structurée. Les jeunes gens qu'on utilisait pour le sexe, qu'ils soient acteurs ou serviteurs, étaient efféminés et soumis ; il existe des preuves à ce sujet.

Aimer les hommes n'avait pas d'incidence sur l'honneur d'une personne... du moment qu'il suivait les règles ! Et ces règles sont justement celles-ci : la personne la plus âgée sera active, et cela même si son rang est inférieur à celui de son amant ! Cela vient du concept de la hiérarchie naturelle du Confucianisme, importée de Chine.

L'égalité dans les relations existait-elle ? Oui, mais rarement, et il y a des preuves que les hommes qui suivaient le schéma imposé ne changeaient jamais.

Un symbole innocent ?

 
Meiji Jingu, Harajuku

Pour finir, avant de penser à vous tatouer l'emblème du chrysanthème, symbole de la famille Impériale ci-dessus, voici un point qui devrait vous empêcher de faire cette bêtise (et pardon, vous ne verrez plus jamais le symbole de la même façon désormais) : son autre signification est directement liée à cet article. Il s'agit du symbole de l'homosexualité masculine, à cause de sa ressemblance avec un anus !


Sources :

Colin Spencer (1998). Histoire de l'homosexualité, de l'Antiquité à nos jours. Pocket.
Gary P. Leupp (1995). Male Colors. The construction of homosexuality in Tokugawa Japan. University of California Press.

Réponse !

La réponse était bien entendu le c) : 50% des femmes Japonaises en été !

Hé oui, tout comme chez nous il y a encore quelques décennies, avoir la peau pâle est un signe de beauté et de classe pour les Japonaises. Ce qui est sûr, c'est qu'elles n'auront pas de cancer de la peau...

Les Japonaises de plus de vingt-cinq ans ont tendance à fuir le moindre rayon de soleil comme la peste et dévalisent leurs armoires dès qu'elles doivent sortir.

Non, la photo qui suit n'a pas été prise en automne mais en plein mois d'août 2010. Et je vous ai déjà parlé des étés japonais, en particulier celui-ci. Quant à la photo du post précédent, elle a été prise à Tokyo en juillet.

 
Matsushima
Quand vous-mêmes avez envie de vous balader à poil tellement il fait chaud et tellement c'est désagréable de porter des vêtements plein de transpiration, les Japonaises semblent survivre avec tout ça sur le dos. Je vous prie de constater que la dame sur la photo porte même des collants SOUS son pantalon.

mercredi 18 mai 2011

Devinette

 
Qu'est-ce donc que cette créature ?
a) Un jawa échoué sur la planète Terre après une erreur de calcul d'un saut dans l'hyperespace
b) Un vampire ayant décidé d'aller faire du shopping en plein jour
c) Un bon 50% des femmes Japonaises en été
d) Une star incognito

lundi 16 mai 2011

Le métro...

Cauchemar de tous les touristes, le métro de Tokyo ? C'est ce que j'entends de la part de tous les voyageurs à qui je parle.

J'avoue, sur le plan c'est impressionnant, surtout quand on sait qu'il y a encore les lignes JR (le train) à ajouter par dessus...
 

Et puis dans beaucoup de stations (la plupart, en réalité), c'est marqué uniquement en japonais sur les plans, alors c'est la galère pour le pauvre hère qui descend du Narita Express et doit prendre le métro pour la première fois.
Et pourtant... le métro Tokyoïte ne m'a jamais posé le moindre problème. 
 
Je me suis perdue un nombre incalculable de fois dans les stations de Akabane, Shinjuku et Ikebukuro (je connais désormais cette dernière comme ma poche, et quant à celle de Shinjuku, j'ai décidé de toujours sortir et entrer par la même porte (Kabuki-chô) pour ne plus jamais me paumer)). Mais je n'ai jamais eu de soucis au sujet d'une ligne de métro à prendre. Oh, il y a bien eu une fois où je me suis trompée de métro (et l'ai réalisé 2h plus tard), mais j'étais sur le bon quai au moins.

Mais pour moi, le métro de Tokyo n'est pas un cauchemar. 
Celui de Osaka l'est déjà beaucoup plus. C'est dû au fait que la station de Osaka a plusieurs noms différents et que tant qu'on n'a pas compris ça, on ne sait jamais où on va.

Mais le pire de tous ? Sortons du Japon pour ça.

Séoul.

 
Le métro de Séoul, c'est infernal. Pas forcément parce que c'est plus compliqué, mais à cause de la grandeur des stations, du labyrinthe à traverser pour atteindre chaque quai, et de la foule. Séoul, c'est comme Shibuya un samedi soir. C'est surpeuplé. Je pense que c'est ce qui m'a choquée au sujet de cette ville. C'était Tokyo que j'imaginais comme ça avant d'y aller, et qui s'est avéré bien moins étouffant. Enfin bref, pour se rendre de Hong-ik à la station où se trouve le téléphérique pour la Seoul Tower, je n'ai fait que suivre une personne qui y était déjà allée.
Et maintenant, voici le métro de Taipei :

 
Simplicité enfantine... c'était rafraîchissant. Je suis passée de Tokyo à ça, puis de ça à Séoul, et de Séoul à Osaka. Mon cerveau ne l'a pas supporté.
 

Le métro de Tokyo est entre le métro de Taipei et celui de Séoul pour la facilité (à mon avis !), mais également pour l'espace des quais, la grandeur des stations, les indications... tout est mieux à Taipei, et tout est pire à Séoul.
Je vous dirai ce que je pense de ceux de Pékin et Shanghai si j'ai l'occasion de les prendre (vu que j'aurai un chauffeur ça m'étonnerait ! Mais je vais devoir prendre un train deux fois, j'aurai donc quelque chose à dire sur les gares)

Ah, et un autre petit détail qui fait que le métro de Taipei est excellent, à part sa modernité qui surpasse celle de tous les trains du Japon : le système magnétique qui permet d'entrer sur les quais. Au Japon ça existe aussi, ça fonctionne avec une carte (Suica, Pasmo) qu'on dépose sur un écran pour ouvrir le portique. Seulement, c'est une carte que les touristes ne pensent pas forcément à acheter, parce qu'à part éviter de faire la queue aux machines, elle sert à rien.
Pour entrer sur les quais au Japon ou en Corée (qui possède aussi les cartes & les tickets papiers), si on n'a pas ces cartes rechargeables, ça se fait encore grâce à un petit ticket façon métro parisien.
A Taipei, c'est pas du papier. Votre ticket est un jeton en plastique magnétisé. Tout de suite, ça fait plus moderne. Plus écolo aussi...

Les Japonais sont-ils des moutons ?

Si vous me dites "pas plus que les autres", vous vous trompez.

Bien sûr, la majorité des humains sont des moutons, il suffit de se demander pourquoi on a des modes (elles changent parce qu'un non-mouton a décidé de changer, mais il est ensuite suivi par tout le monde), pourquoi tout le monde pense "ne pas être cool s'il a pas le dernier Iphone en date", pourquoi les ados se mettent à fumer...

Mais alors pourquoi les Japonais en particulier seraient-ils pires ? Je pense que ça vient de leur éducation... mais je n'ai aucune vraie réponse. J'ai juste des exemples :

S'il y a une file gigantesque qui fait le tour d'un immeuble pour aller au restaurant, et que le resto d'à côté est vide, c'est pas parce que l'un des deux est moins bon ou plus cher que l'autre, c'est parce qu'il y a l'effet "File d'attente = ça doit être mieux". Les Japonais vont aller faire la queue là où il y a du monde. Et le lendemain, si la queue est à l'autre resto, ils iront à l'autre ! Vous avez peut-être déjà vu les files interminables pour le "DOUGNUTS & COFFEE" de Shinjuku...
 
(Shinjuku, décembre 2008)

Il y a même des panneaux comme à Disneyland, qui indiquent combien de temps il reste à attendre à partir d'un point... ça peut aller jusqu'à deux heures ! Deux heures pour un café ??

Les Japonais sont des moutons jusqu'à ce qu'ils voient quelque chose de différent. A ce moment-là, ils changent de cible et vont imiter la différence !

Avez-vous déjà décidé de passer au rouge en tant que piéton parce qu'il n'y avait pas une seule voiture ? Vous aurez remarqué que tout le monde attend sagement. Mais il suffit qu'une seule personne, vous ou un salaryman pressé, décide de traverser, pour que soudainement tout le monde le fasse aussi.

Pourquoi, à votre avis, le dernier wagon du métro est-il rarement plein hors heures de pointe ? Parce que personne ne va au bout du quai ! Mais vous pouvez être sûr que si vous y allez, on va vous suivre.

Pourquoi, lors d'un festival, les gens ont préféré attendre le train avec les autres au lieu de marcher 30 minutes jusqu'à la prochaine station ? La file pour entrer dans la gare était gigantesque et un employé nous a dit qu'à partir de l'endroit où on était, il nous faudrait 3 heures pour arriver sur les quais (je sais pas si vous imaginez une chose pareille...) Mais alors pourquoi nous, les Gaijins, on a eu l'idée brillante de faire une partie du chemin à pied (et finalement de rentrer à pied totalement), et pas les autres ?

Et un exemple plus que frappant : les Japonais respectent l'ordre tant que tout le monde le fait. Et il suffit d'une fois...

Affiches sur le mur de la salle Zepp Osaka, deuxième jour du concert de Gackt. Il n'en manque qu'une, déchirée par un gamin sous mes yeux, sans faire exprès (il est tombé contre le mur) et ensuite enlevée par le staff.

 

Le méfait d'Ally après le concert, aux yeux de tous :

 

Et lors du troisième jour de concert, GUESS WHAT ? Il n'en restait qu'une seule. Il a suffi qu'Ally en pique une pour que tout le monde décide de faire la même chose. 

Et je ne sais pas pourquoi c'est comme ça là-bas... Une idée ?

dimanche 15 mai 2011

PANASONIC ?

 
(Niigata)

 Jusqu'à ma visite à Hirosaki, je n'avais jamais fait attention aux magasins Panasonic. Peut-être parce que dans cette ville, où La Malédiction a pris forme (ceux qui ont suivi mon voyage en 2010 se souviennent peut-être que je l'avais mentionnée), j'ai commencé à faire plus attention à ce que je voyais parce qu'on s'était complètement paumées... Le premier magasin que j'ai vu, je ne me suis posé aucune question. Mais après, j'ai pu remarquer que systématiquement, dans toutes les villes suivantes, ils se ressemblaient. Et la grande question, c'est, POURQUOI ?

Moi, un magasin Panasonic, je l'imaginais comme le Yodobashi. Un bâtiment moderne qui nous fait miroiter les merveilles technologiques qu'il renferme...
 
Voilà, genre ça. (Yodobashi Akiba)

Seulement, la vérité c'est que dans tout le Japon, les magasins Panasonic ressemblent à ça : 
(malheureusement je n'ai aucune photo des magasins en question, mais celui-là y ressemble fortement et en plus, il y a un sublime franponais + engrish dessus (to space to enjoy a way)) :

Mais pourquoi diable une marque connue et reconnue internationalement prendrait-elle ses quartiers dans des vieux bâtiments informes à moitié détruits?

L'hypocrisie japonaise

(Achtung : ce post va un peu dans toutes les directions. Pas ma faute. Mon cerveau m'a prise en otage.)

Le Japon est un pays où un grand sourire mielleux ne veut pas forcément dire que la personne qui vous le fait est heureuse de vous voir. C'est valable pour tous les pays du monde, mais dans celui-là en particulier, c'est plus flagrant.

Et pourquoi ?

A cause du principe de la société de service. Il s'agit de la manière dont les commerces etc. fonctionnent au Japon, où le client doit être traité comme un dieu et c'est le seul pays que j'ai visité où c'est effectivement le cas. Je travaille moi-même dans un magasin qui applique cette politique à la lettre et l'hypocrisie, l'air de dire "je suis RAVIE d'être là" alors qu'on en est à notre quinzième client de la journée qui nous gueule dessus alors qu'il a tort, je connais, et je maîtrise(à peu près). Les japonais sont dans le même cas. Ils ont bien appris leurs leçons, et c'est pour ça que vous êtes accueillis par des milliers de sourires et de courbettes partout où vous allez.

Comment détecter la sincérité dans ce cas ? Les sourires forcés, c'est repérable, mais quand on a affaire aux Maîtres, il faut soi-même en être un pour se rendre compte que votre présence ne ravit pas votre caissier. C'est exactement la même fausse joie que je vois quand je me trouve avec une Américaine et qu'on dit notre nationalité à tour de rôle. Suisse ? La curiosité et le sourire sont sincères. USA ? La différence est visible pour qui fait attention. ça dépend du lieu et de la personne bien sûr, mais à Nagasaki, c'était vraiment évident. Et ça dépend aussi de votre comportement !

On dit aussi que le Japon est un pays d'hypocrites parce que dire les choses en face, ça se fait moins que chez nous. Vous pensez vraiment que l'employé de bureau qui doit aller boire un verre tous les soirs avec son patron et ses collègues après le travail, pour mieux faire partie de la grande famille qu'est son entreprise, est enchanté et n'a pas, en réalité, envie de rentrer chez lui et d'avoir un peu de temps libre, pour une fois ? L'employé en question va faire semblant d'être parfaitement heureux dans cette situation...et il va boire, peut-être pour noyer son envie d'étrangler son patron. C'est pour ça que les salarymen bourrés pullulent dans tout Tokyo une fois la nuit tombée.
 (Takamatsu)

Mais peut-être aussi que je me trompe. Peut-être que, puisque le salaryman a été élevé dans ce pays et a dû sacrifier sa vie privée depuis qu'il est tout petit avec les activités extrascolaires obligatoires, il est réellement heureux de sa situation. Après tout, il n'a jamais rien connu d'autre. Et dans le cas contraire, ben il va sauter sur les rails de la Yamanote line et bloquer le trafic ferroviaire pendant toute la nuit en tant que vengeance ultime sur la société, son seul acte rebelle depuis qu'il est né.

Mais l'employée de supermarché n'est pas dans le cas du pauvre employé de bureau : elle, après le travail, elle rentre chez elle. Je ne pense pas que tout le personnel du Yodobashi aille manger du shabu shabu avec le boss quand le magasin ferme ! La relation entre eux n'est certainement pas la même. Attention, je dis bien "je pense" ! Je n'ai absolument aucune preuve de ce que je dis. C'est mon analyse perso.

 (Akihabara)

Le travail de cette personne, c'est pas sa vie. Celui du fonctionnaire, oui. Le fonctionnaire a moins de chance d'être hypocrite puisque son boulot, c'est pas juste pour gagner des sous... il a plutôt intérêt à aimer ce qu'il fait vu qu'il rentre chez lui seulement pour dormir !

La majorité des japonais ne se plaint pas. Peut-être par fierté. Et si les vendeurs se précipitent vers vous pour vous aider dès que vous avez l'air un peu paumé devant un rayon, avec un immense sourire et l'air très motivé, c'est pas parce qu'ils sont tellement contents de pouvoir rendre service, c'est parce qu'ils doivent le faire. Et c'est pas parce qu'ils sautillent sur place et passent 20 minutes à vous montrer comment marche ce bel appareil photo alors que vous vouliez seulement un petit renseignement ( = "il marche à piles ou par chargeur ?"), qu'au fond, ils ont pas envie de vous assommer à coup de marteau avant de courir tout nu dans le magasin en hurlant "YAAAAARGL !", dans le but de tuer leur patron qui les exploite.

Mais en réalité, on s'en fiche de ce qu'ils pensent vraiment... du moment qu'ils continuent à être polis et serviables. Et j'ai vu des gens tomber dans l'excès inverse : croire en permanence que tous les japonais pensent du mal d'eux chaque fois qu'ils leur font un sourire. Faut pas exagérer !

Vous aussi, quand une personne de votre famille qui ne s'est pas lavé les dents depuis trois semaines veut vous faire la bise et vous serrer dans ses bras, vous faites un sourire forcé en priant pour que ça se termine très vite. Donc, vous êtes un hypocrite.

D'abord.
Mais les plus hypocrites de tous, c'est eux :
 
Ils font semblant d'être contents... alors qu'ils sont dehors 24h sur 24, sous la pluie, avec une barre de fer entre les oreilles.
(Kumamoto)

samedi 14 mai 2011

Les deux visages du Japon

Je suis désolée, j'ai perdu vos commentaires vu que Blogger avait décidé de manger cet article.
Pour bien des gens, le Japon c'est ça :

 
(Tokyo, Shinjuku)

 
(Tokyo, Shinjuku)
Ou ça :
 
(Sendai)

 
(Sendai)
Mais en vérité, le Japon, c'est ça :
 
(Hirosaki)

 
(Hirosaki)
 
(Beppu)

 
 (Beppu)
Non, le Japon n'est pas un pays dont les villes sont belles à regarder. Mais bizarrement, on s'y fait vite et on ne voit même plus les fils électriques (qui sont gommés dans les livres photos et sur les sites touristiques). Bien sûr, c'est propre, (même si le jour où vous vous rendrez à Taiwan vous remarquerez que le Japon passe à la seconde place), mais on ne peut pas dire que l'architecture soit belle ! Les grattes-ciel sont superbes et les maisons et monuments anciens/traditionnels également, aucun doute, mais la grande majorité de ce qu'on voit, le Japon de tous les jours, c'est moche. Les maisons sont en kit (ça résiste mieux aux tremblements de terre que le ciment, qui a tendance à exploser, et surtout, c'est beaucoup moins problématique et coûteux quand tout s'écroule !). La ville la plus moche ? Kyoto et Hirosaki. Et des villes, j'en ai vu pas mal...

Kyoto, ça vous surprend sûrement que j'aie un avis aussi tranché... mais oui, Kyoto c'est vraiment, vraiment pas beau. C'est un alignement de blocs de bétons informes, sans harmonie aucune. Se balader dans les quartiers restés traditionnels, comme Gion, donne une bonne idée de comment serait la ville si elle n'avait jamais été bombardée. Elle serait comme Takayama, avec très peu de bâtiments modernes, et à condition d'oublier les fils électriques, on pourrait plonger dans le Japon féodal en descendant du train.

Une rue japonaise agréable à regarder, sans fils partout, ça serait pas possible ? ça existe et c'est joli, c'est à Matsuyama, mais c'est la rue "faite exprès" pour les touristes. Voilà donc ce que donnerait le Japon avec les fils enterrés et un soin un peu plus grand apporté à ce qu'on voit dehors :
 

Mais moi je les aime bien, mes câbles qui obscurcissent le ciel... ce serait pas le Japon s'ils étaient pas là. 

みんなさん、ようこそ !(笑)
私は :「ええ?今日のビジターは日本人ですか ?? 何で?」
ありがとうね。
あ、 でも私は仏蘭西人じゃない。スイス人です。名前 : ヴィヴィ。

vendredi 13 mai 2011

GRR !

Pardon, mon post "les deux visages du Japon" a disparu avec le gros bug de Blogger, qui a duré 3 jours quand même(oui je suis fâchée). Juste une petite note pour vous dire que s'il ne réapparaît pas d'ici demain après-midi, je le réécrirai. Mais j'ai perdu vos commentaires.

mardi 10 mai 2011

KAWAII !! [ かわいい !!]

*kawaii : adjectif signifiant "mignon"* (précision à la fin du post)

Le Japon est le pays du Kawaii.

Ou plutôt, Tokyo est la ville du Kawaii de consommation par excellence. Parce que si vous allez vous perdre à Hirosaki, il n'y aura rien de tel, plutôt des magasins Panasonic (un prochain article en parlera).
Je suis coupable, si je vois un truc mignon j'ai tendance à l'acheter. Petits exemples :







 
(oui j'ai acheté une de ces poupées)
Enfin bref, que ce soit des peluches, ou des vêtements, accessoires, looks, il y a un nombre impressionnant de trucs mignons rien que pour vos yeux, à Tokyo du moins (à condition que ce soit dans les quartiers branchés...)
 
Ce genre de robes par exemple, vêtement de la Lolita
Détrompez-vous si vous pensez que la moitié des japonaises s'habillent comme ça ! A part le dimanche après-midi au parc de Yoyogi, et en excluant les filles qui font un boulot demandant de s'habiller de la sorte à Akihabara par exemple (pour attirer le client), les lolitas que vous verrez seront pour la plupart des touristes étrangères. Et s'il y en a quelques-unes à qui ça va très bien, la majorité sont ridicules (vous aurez peut-être deviné que j'ai une sainte horreur de cette mode). 

Enfin bref, les japonais (et moi) aiment ce qui est chou. Et oui, les mecs également ! Il n'est pas rare de voir une peluche accrochée à la lanière du sac d'un lycéen. C'est un côté enfantin que j'apprécie ; chez nous, le fait de se balader avec une peluche ou des millions de straps débiles sur le portable nous attire tout de suite des moqueries. Et je ne parle même pas de ce qu'on dirait d'un garçon qui ferait ça !

Le mot "Kawaii" est l'arme secrète de la langue japonaise. A la manière de nos "cool", il sert un peu tout le temps. Il y en a deux sortes :

1) le Kawaii Décibels +10, qui donne un magnifique "KYAAAAAAAAAAAAAAAA KAWAAAAAIIIIIIII !"
2) le Kawaii Je-sais-pas-quoi-dire, qui peut être représenté ainsi : "han, kawaii~"

Le 1) est utilisé principalement par les filles. Signe d'hystérie, il vaut mieux ne pas se trouver à proximité ou vos oreilles vont siffler pendant une heure ensuite. Ce "kawaii" veut réellement dire mignon, adorable etc.et si on vous le dit de cette façon, vous avez le droit de rougir, c'est que vous avez des fans (on vous le dit jamais comme ça)

Le 2), c'est celui que vous entendrez sans arrêt. Et on va vous le dire souvent... mais ne vous emballez pas. ça ne veut pas dire que la personne qui vous le dit vous trouve chou.

Note : si un homme dit "kawaii", c'est plus souvent mérité et ça a souvent un vrai sens. Ce mot fait moins partie de leur vocabulaire que chez les filles. Donc, un mec qui vous le dit, y a des chances pour qu'il le pense.

Le 1) est souvent réservé aux stars durant leurs concerts, surtout pour les femmes (pas pour les chanteurs de métal, évidemment), et dans le cas d'un chanteur, accompagné de "kakkoii", qui veut dire "beau" (et en Décibels + 1000) (et s'il s'agit de Gackt, il va trépigner sur place en ayant l'air faussement énervé et dire kawai ku nai [ かわいくない ] "je suis PAS mignon !". Déjà testé.)

Le Kawaii donc, est plus un concept qu'un mot, et je terminerai en disant que toute personne l'utilisant dans la vie courante en parlant français a le don de m'énerver profondément. Un "c'est trop kawaii" me fait encore plus grincer des dents que le verlan ou qu'un "c'est trop cute".