mercredi 20 avril 2011

K-BOOKS

Tous mes blogs préférés sur le Japon et sa culture sont tenus par des mecs... donc pour certains trucs, en particulier les aspects "adultes", ils ne me concernent pas. Je ne sais pas qui sont ces actrices de X dont ils parlent, je ne regarde/lis pas de Hentai et bien que je sois au courant pour les mosaïques-qui-tuent ( = la censure hypocrite qui consiste à brouiller les parties génitales dans les films qui pourtant sont faits exprès pour qu'on voie ça), je ne vais pas faire de post dessus.

Mais dans la veine des articles du genre, ce post est directement lié à un côté de la mentalité japonaise qui n'existe pas chez nous.

Je suis auteur de romans "Boys Love" (sans les clichés qui vont avec), et donc par extension, je suis amatrice du genre. Ici, c'est méconnu, et s'il y a bien une chose qui n'arrivera jamais, c'est l'ouverture des magasins dédiés à ça. Le Boys Love, c'est, pour les non-anglophones, l'amour entre hommes, écrit par et pour des femmes, donc très différent du genre gay. Différent aussi de ce que les connaisseurs appellent yaoi.

La précision étant faite, je vous invite à continuer à lire :

 
Adolescentes déballant leurs doujinshi Yaoi dans un parc à Ikebukuro

Avant l'année 2010, je connaissais l'existence de bien des magasins pour adultes qui ne sont pas cachés au Japon, mais je n'y étais jamais entrée. Je pensais bien que vu l'abondance d'images partout, c'était moins tabou que chez nous, mais j'aurais jamais imaginé vivre ce que j'ai vécu dans les magasins K-BOOKS.


K-BOOKS, c'est les boutiques de romans, mangas, DVD, CD etc. dédiés uniquement au Boys Love, Yaoi et tous leurs dérivés. J'ignorais jusqu'à leur existence.

Lorsque j'y ai mis les pieds pour la première fois, bien sûr j'étais accompagnée, sinon je n'aurais pas su où ils étaient. J'ai déjà été surprise par leur emplacement :

Tous les fans de manga étant allés à Tokyo savent où se trouve le magasin Animate à Ikebukuro, en face du Sunshine 60. On ne peut pas dire que la rue ne soit pas fréquentée ou difficile à trouver ! Si vous avancez sur le trottoir, après les distributeurs à boissons aux couleurs du manga à succès du moment, peut-être que vous n'allez pas regarder les drapeaux qui flottent au vent au bord de la route. Si vous y prêtez attention par contre, vous vous rendrez compte que la majorité d'entre eux mettent en scène deux hommes. Innocent pour les "incultes", mais pour les amateurs du genre, difficile de ne pas reconnaître la couverture d'un manga yaoi récent... Et si on regarde mieux, alors on est submergés. Affiches géantes, posters, à la manière des publicités pour Docomo, puis on voit les magasins, des petites boutiques qui se suivent le long du mur... il y en a pour tout le monde, puisqu'une de ces boutiques au moins est dédiée au Hentai (pour qu'on n'accuse pas Ikebukuro d'être un quartier gay ?).

Quatre. Il y a quatre magasins sur cette rue qui sont uniquement fournis en "Boys Love". On avance plus loin et il y a des magasins entièrement dédiés aux doujinshi, des mangas amateur dessinés par les fans de n'importe quoi, de la fanfiction publiée. Vous aimez les jeux Final Fantasy et voudriez bien que Sephiroth et Vincent soient ensemble ? Dans le jeu, ça n'arrivera jamais, alors reportez-vous sur les doujins ! Un nombre impressionnant de dessinateurs de manga ont commencé par faire ça et ont été repérés de cette manière, la qualité est au rendez-vous (la plupart du temps). Il y a de tout, sur tout !

A K-BOOKS, ce qui m'a le plus frappé, c'est les clients, les employés, et leur comportement.

Comme dans tout magasin au Japon, quand on entre, on est accueilli par un "IRASSHAIMASE !" collectif. Le service est pareil qu'au supermarché du coin. Il y a des petits paniers, et on va faire ses courses comme dans une librairie normale. Les clients ? De tout. Vraiment de tout. Les grands-mamans, les couples, les lycéennes et lycéens, les groupes d'amis, les hommes d'affaire... Les enfants ? Très peu, ils accompagnent leur mère s'ils sont vraiment tout petits, mais la tranche des 3-13 ans est absente du lieu.

Quant à la quantité des produits, c'est hallucinant.

Dans toutes les librairies il existe au moins un rayon Boys Love. J'ai même réussi à trouver ce rayon dans une boutique de 4 mètres carrés tenue par un vieux monsieur dans un quartier paumé de Matsuyama. A Animate à Ikebukuro, il y a carrément un étage entier pour ça.

 
Animate
 
Librairie en haut de Yodobashi, Akihabara


Ce que je trouve étrange, c'est qu'avec tout ça, le pays ne soit pas plus "gay-friendly". Mais bon... l'hypocrisie des Japonais, on s'y habitue dès la première courbette des employés des magasins.

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