vendredi 29 avril 2011

Le franponais !

Que serait un blog concernant le Japon et pays alentours sans article sur ce qui cause le plus de fous rires chez les francophones, j'ai nommé le franponais !

Je pense que tout le monde ici sait de quoi il s'agit mais dans le doute, petite précision : le franponais est le français "massacré". Nous-mêmes ne sommes pas en reste, quand on utilise des caractères japonais / chinois sans savoir ce qu'ils veulent dire ou en croyant le savoir, en particulier pour des tatouages, mais le franponais a une autre dimension parce qu'il y en a partout. Il fut un temps où la langue française était considérée comme classe, c'est de là que vient cette quantité effarante d'exemples à mourir de rire.

Les japonais, un peuple trop fier pour demander de l'aide à quelqu'un parlant réellement la langue ? Ou est-ce un attrape-touriste efficace, dont ils sont parfaitement conscients ?

Enseignes de magasins, vêtements, panneaux, sachets de nourriture, vous trouverez du franponais dans chaque ville japonaise. Petit aperçu :

 
Kagoshima

 
Okayama

 
Takamatsu

 
Tokyo 
(ironique, pour les gens étant déjà allés au Japon, pays où les bancs se comptent sur les doigts de la main)

J'en ai des dossiers remplis. Parmi ceux que je n'ai pas pu prendre en photo, je peux citer ces magnifiques "Café du Navet" , "Nouilles Soupe" et "Chat Maison"

Où y en a-t-il le plus ? Où aller pour être sûr d'en trouver partout ? Pour les villes : Tokyo, Niigata, Takamatsu. Valeur sûre : les immeubles de boutiques, les arcades de shopping.

Le franponais a un frangin qu'on appelle Engrish et qui se trouve également à chaque coin de rue, par exemple ici, à Beppu :
 
 Je vais donner aussi un exemple de ce qu'on trouve dans le milieu musical. Voyez-vous, le franponais me ravit au plus haut point, alors s'il y en a sur les produits dérivés de mes stars favorites, c'est une raison supplémentaire pour acheter ! Stratégie marketing infaillible ?

 
Pour les curieux, il s'agit du bracelet vendu lors de la tournée 2008-2009 de GACKT, Requiem et Réminiscence II

Je finirai cet article en vous recommandant d'acheter le livre "Anthologie du franponais" !

P.S : depuis que j'ai parlé de hentai, les mots clés utilisés pour arriver sur mon blog sont devenus franchement marrants.

jeudi 28 avril 2011

La télé japonaise

Au Japon, la TV, c'est comme partout dans le monde : stupide.

ça dépend à quelles heures. Du matin au soir, c'est des émissions débiles, c'est la nuit que ça devient mieux, avec des émissions de variété très différentes de celles disponibles ailleurs dans le monde (ah, quand les présentateurs sont des stars et ridiculisent leurs invités, c'est BIEN !). Mais ce n'est pas de ça dont je veux parler, non ! C'est des émissions qui détruisent le cerveau, le rongent doucement et sournoisement : les émissions pour enfants, et plus particulièrement celles pour apprendre l'anglais !

Il y a un présentateur en particulier qui me fait flipper, il est anglophone et sert de prof sur une chaîne pendant cette émission. La façon dont il colle son visage à la caméra pour dire "GOOD JOB!!" à la fin de chaque paragraphe est effrayante. Malheureusement, je n'ai pas réussi à l'enregistrer.

Quant aux chansons utilisées pour l'apprentissage... hé bien, des mois plus tard, vous les avez encore en tête.

Petit aperçu, et pardon pour mon accent (je tiens la caméra), mais il était 7h du matin, on avait à peine dormi et on était encore dans le pâté.

lundi 25 avril 2011

Les saisons au Japon

Le Japon a une particularité qui peut sembler étrange vu sa latitude, par rapport donc aux pays qui ont les mêmes coordonnées : ses étés.
 
kit de survie aux étés japonais : parapluie et éventail ! Moi, Osorezan, août 2010. Photo : Nadia


La question qu'on voit le plus souvent sur les forums de voyage est : quand partir ? Déjà, vu la géographie du pays, le climat n'est pas le même partout, mais pour les endroits les plus visités (Tokyo / Kyoto) voilà ce qu'on peut dire :

Les saisons sont bien distinctes.
L'hiver est semblable aux hivers européens. Froid et sec. Il peut y neiger pas mal, bien que pour moi qui vit dans les montagnes suisses, c'est une quantité ridicule.
Le printemps c'est, selon les fans-du-Japon-qui-n'y-ont-jamais-mis-les-pieds, le meilleur moment pour y aller à cause de la floraison des cerisiers. Ce qu'ils oublient de préciser, c'est que cette floraison ne dure que quelques jours par an, et qu'on ne peut donc pas qualifier le printemps de "saison des cerisiers en fleurs". Au printemps, il y a aussi la Golden Week, la semaine de vacances des Japonais, donc revoyez vos dates si elles concordent, autrement vous vivrez l'enfer dans les lieux touristiques et les prix vont monter en flèche. Précision : je n'ai jamais passé un printemps au Japon. Je pense, au vu des témoignages, que pour les températures et les faibles précipitations, le printemps est en effet un bon moment pour y aller.
L'été mérite que je m'y attarde, je passe donc à l'automne pour le moment :
L'automne c'est beau, il ne fait pas froid jusqu'à fin octobre, mais les températures descendent très vite. Pour avoir passé tout le mois de novembre à Osaka dans une chambre sans chauffage, et sans avoir de vêtements adaptés pour cause de manque d'argent, je peux vous assurer que ce mois en particulier peut être pénible si vous avez oublié vos chaussettes. Il pleut peu. Je dirais que septembre et octobre sont les meilleurs mois pour visiter le pays, non seulement car il y a peu de touristes mais aussi parce qu'il ne fait ni trop chaud, ni trop froid.

La pire saison est sans conteste l'été. Et plus particulièrement l'été 2010, qui a battu tous les records et a fait fondre mon cerveau.
Pourquoi je suis partie en été 3 fois déjà, alors ? Pour la simple raison que c'est en été qu'on a le plus de vacances, évidemment !

L'été au Japon, il fait chaud dans tout le pays. Certains endroits sont pires que d'autres. J'imagine qu'à Wakkanai, il fait plus froid qu'à Yakushima ! Dans les terres, c'est bien sûr pire qu'au bord de la mer.
Kyoto est réputée comme la ville la plus épouvantable car elle se trouve dans une cuvette entourée de montagnes. J'ai parcouru tout le pays, et c'est bien là que c'était le plus chaud, en tenant compte du fait que j'y étais à la mi-septembre et qu'il faisait entre 35 et 40 degrés tous les jours, et ce depuis 8h le matin jusqu'au coucher du soleil.

L'été c'est la saison des pluies et des typhons, de juin à mi-juillet, il pleut très, très souvent. En conséquence, l'air est extrêmement humide, et c'est ce qui rend la chaleur très dure à supporter. On transpire quoiqu'on fasse. On sort de la douche, on peut déjà y retourner 5 secondes plus tard. C'est à ce point. Mes vêtements avaient tous les jours des traînées blanches un peu partout à cause du sel de ma sueur. Je sais, c'est pas sexy de dire ça surtout que je suis une fille, mais voilà, pas de miracle. Dans les grandes villes, c'est moins difficile à supporter grâce au dieu "Clim'", il suffit d'entrer dans un magasin pour se remettre au frais (attention aux toux par contre, elles sont violentes), mais allez passer une journée à Joetsu au mois d'août et venez me dire si ça va toujours.

 
Joetsu, ou la ville sans ombre, oubliée du dieu Clim'

Et non, on ne s'y habitue jamais.

Je suis allée à l'extrême sud du pays (Miyakojima) à la fin du mois de juillet 2009, mais je pouvais encore parcourir des kilomètres à vélo sans avoir une seule obsession de toute la journée (la douche au retour). C'était loin d'être le cas même dans le Tohoku en 2010 (il a fait bien plus chaud à Mutsu qu'à Kagoshima et pourtant, Mutsu c'est au nord). Quant à l'été 2007, il me semble que ça a été relativement normal, mais je n'ai vu le soleil que trois fois en un mois.

Ah, et dois-je préciser que la nuit du 4 août à Asaka, Saitama (donc près de Tokyo), à une heure du matin, il faisait 39 degrés ? Je sais pour cette nuit-là parce que je suis rentrée à pied jusqu'à Shiki, donc à environ 1h30 de marche, après avoir été voir les feux d'artifice. Pour dire que même si le soleil est couché, on n'est pas à l'abri.

Mais alors, comment font les voyageurs pour ne pas s'enfermer dans leur chambre d'hôtel ?

Les Japonais ont développé plein d'astuces. Le dieu Clim' en est une, mais pas valable partout. Il y a des accessoires dont vous ne pourrez plus vous passer et qui soulagent :

 
Photo : Nadia

 
Photo : Nadia

- Le parapluie. Il y a très peu de photos dans mes dossiers où je n'ai pas cet objet salvateur au-dessus de la tête. Evitez de le choisir noir, et achetez-le au Japon directement. Ça coûte environ 2 euros... à moins que vous preniez un parapluie de luxe avec filtre à UV intégré ! Oui, ça existe.

- La serviette. Ça fait cradingue, mais pour essuyer la sueur, y a pas mieux. Et portée autour du cou, elle soulage un peu les personnes aux longs cheveux.

- L'éventail. Oh oui.

- L'éternelle bouteille d'eau. Heureusement, même au milieu d'une forêt paumée vous trouverez des distributeurs à boissons.

- Testé et approuvé : le collier de glace. Question sexy on repassera, mais c'est franchement agréable. Il s'agit d'un collier en tissu, on met à l'intérieur un tube passé au congélateur au préalable. Ça tient plusieurs heures sans fondre.

- Le spray à neige carbonique est un peu décevant mais il m'a sauvé la vie à Joetsu. Ça se met sur les serviettes.

Si j'ai un conseil à vous donner, c'est d'éviter de partir en été. Faites ce que je dis, pas ce que je fais, mais si vous partez en été, soyez pas surpris.

mercredi 20 avril 2011

K-BOOKS

Tous mes blogs préférés sur le Japon et sa culture sont tenus par des mecs... donc pour certains trucs, en particulier les aspects "adultes", ils ne me concernent pas. Je ne sais pas qui sont ces actrices de X dont ils parlent, je ne regarde/lis pas de Hentai et bien que je sois au courant pour les mosaïques-qui-tuent ( = la censure hypocrite qui consiste à brouiller les parties génitales dans les films qui pourtant sont faits exprès pour qu'on voie ça), je ne vais pas faire de post dessus.

Mais dans la veine des articles du genre, ce post est directement lié à un côté de la mentalité japonaise qui n'existe pas chez nous.

Je suis auteur de romans "Boys Love" (sans les clichés qui vont avec), et donc par extension, je suis amatrice du genre. Ici, c'est méconnu, et s'il y a bien une chose qui n'arrivera jamais, c'est l'ouverture des magasins dédiés à ça. Le Boys Love, c'est, pour les non-anglophones, l'amour entre hommes, écrit par et pour des femmes, donc très différent du genre gay. Différent aussi de ce que les connaisseurs appellent yaoi.

La précision étant faite, je vous invite à continuer à lire :

 
Adolescentes déballant leurs doujinshi Yaoi dans un parc à Ikebukuro

Avant l'année 2010, je connaissais l'existence de bien des magasins pour adultes qui ne sont pas cachés au Japon, mais je n'y étais jamais entrée. Je pensais bien que vu l'abondance d'images partout, c'était moins tabou que chez nous, mais j'aurais jamais imaginé vivre ce que j'ai vécu dans les magasins K-BOOKS.


K-BOOKS, c'est les boutiques de romans, mangas, DVD, CD etc. dédiés uniquement au Boys Love, Yaoi et tous leurs dérivés. J'ignorais jusqu'à leur existence.

Lorsque j'y ai mis les pieds pour la première fois, bien sûr j'étais accompagnée, sinon je n'aurais pas su où ils étaient. J'ai déjà été surprise par leur emplacement :

Tous les fans de manga étant allés à Tokyo savent où se trouve le magasin Animate à Ikebukuro, en face du Sunshine 60. On ne peut pas dire que la rue ne soit pas fréquentée ou difficile à trouver ! Si vous avancez sur le trottoir, après les distributeurs à boissons aux couleurs du manga à succès du moment, peut-être que vous n'allez pas regarder les drapeaux qui flottent au vent au bord de la route. Si vous y prêtez attention par contre, vous vous rendrez compte que la majorité d'entre eux mettent en scène deux hommes. Innocent pour les "incultes", mais pour les amateurs du genre, difficile de ne pas reconnaître la couverture d'un manga yaoi récent... Et si on regarde mieux, alors on est submergés. Affiches géantes, posters, à la manière des publicités pour Docomo, puis on voit les magasins, des petites boutiques qui se suivent le long du mur... il y en a pour tout le monde, puisqu'une de ces boutiques au moins est dédiée au Hentai (pour qu'on n'accuse pas Ikebukuro d'être un quartier gay ?).

Quatre. Il y a quatre magasins sur cette rue qui sont uniquement fournis en "Boys Love". On avance plus loin et il y a des magasins entièrement dédiés aux doujinshi, des mangas amateur dessinés par les fans de n'importe quoi, de la fanfiction publiée. Vous aimez les jeux Final Fantasy et voudriez bien que Sephiroth et Vincent soient ensemble ? Dans le jeu, ça n'arrivera jamais, alors reportez-vous sur les doujins ! Un nombre impressionnant de dessinateurs de manga ont commencé par faire ça et ont été repérés de cette manière, la qualité est au rendez-vous (la plupart du temps). Il y a de tout, sur tout !

A K-BOOKS, ce qui m'a le plus frappé, c'est les clients, les employés, et leur comportement.

Comme dans tout magasin au Japon, quand on entre, on est accueilli par un "IRASSHAIMASE !" collectif. Le service est pareil qu'au supermarché du coin. Il y a des petits paniers, et on va faire ses courses comme dans une librairie normale. Les clients ? De tout. Vraiment de tout. Les grands-mamans, les couples, les lycéennes et lycéens, les groupes d'amis, les hommes d'affaire... Les enfants ? Très peu, ils accompagnent leur mère s'ils sont vraiment tout petits, mais la tranche des 3-13 ans est absente du lieu.

Quant à la quantité des produits, c'est hallucinant.

Dans toutes les librairies il existe au moins un rayon Boys Love. J'ai même réussi à trouver ce rayon dans une boutique de 4 mètres carrés tenue par un vieux monsieur dans un quartier paumé de Matsuyama. A Animate à Ikebukuro, il y a carrément un étage entier pour ça.

 
Animate
 
Librairie en haut de Yodobashi, Akihabara


Ce que je trouve étrange, c'est qu'avec tout ça, le pays ne soit pas plus "gay-friendly". Mais bon... l'hypocrisie des Japonais, on s'y habitue dès la première courbette des employés des magasins.

jeudi 14 avril 2011

On recommence !

Annonce officielle de mon prochain voyage ! Officielle car j'ai déjà mes billets d'avion, et je ne peux donc plus reculer !

Le 19 septembre, je m'envole pour la Chine. Sur place, un guide et un chauffeur m'attendront pour un voyage organisé privé. Je visiterai Pékin, Xian, Chengdu (et le centre de recherches des pandas ! Aww !), le mont Emei, Guilin, Yangshuo, Shanghai et Suzhou.

Puis, après cela, je repartirai au Japon pour quelques jours avant de rentrer chez moi.

J'ajoute également qu'à moins que la censure de Wordpress, Blogger et blogspot ne cesse d'ici là, je ne pourrai pas raconter mon périple ici ou sur mon ancien blog. Sauf si je trouve un proxy qui marche. Jusqu'à preuve du contraire, la plateforme Désir d'Asie n'est pas bloquée, mon blog est donc ici : http://chaussette.enchine.fr à moins que ça change. Je demanderai à mes correspondants de vérifier avant mon départ.

Je rappelle que je suis sur Facebook pour ceux qui me connaissent, mais je suis aussi sur Twitter (en anglais seulement) et vous pouvez retrouver mes romans publiés et leur news sur mon site.